J'ai bientôt trente-deux ans, je suis en train de devenir chauve,
J’ai quinze ans.
Nous sommes en 1989, une époque à laquelle le langage sms et les blogs n’existent pas. Quand on veut savoir où se trouve un copain, on demande à un autre copain s’il ne l’a pas vu et, ainsi, de fil en aiguille, on arrive à se regrouper comme des héros au beau milieu de la cour ou sous les préaux. Quand on veut se montrer des photos, on s’invite à la maison et on rigole comme des cons. Quand une photo nous plaît vraiment, on ne se l’envoie pas par mail : on la fait tirer en double exemplaire et on se partage la note.
1989. Une époque moderne, très moderne, avec des ordinateurs gros comme des meubles télé, et des jeux vidéo sur cassette à bande magnétique ou sur disquette 5 pouces ¼ : des disquettes que si tu en reçois une par courrier, tu crois que c’est une carte d’anniversaire !
J’ai quinze ans, donc. Un âge où tu as toutes tes dents et tous tes cheveux.

Ce soir, j’ai décidé d’écrire un livre, ou de vous raconter une histoire, si vous préférez, mais comme je n’ai pas trop d’expérience en la matière, je vais devoir m’appuyer sur ma vie réelle, pour que cela ne vous paraisse pas trop exagéré ou farfelu. Et comme ma vie réelle, c’est avant tout ma vie de petit collégien, vous vous doutez bien que je ne vais pas vous parler ni de la vie des autistes dans la Rome antique, ni du terrible naufrage du Titanic.
Evidemment, je vous entends d’ici : il y en a qui vont dire que la scolarité, ça n’a jamais fait un bon sujet et de bons intéressés. Mais là, je ne suis pas d’accord, et même pas d’accord du tout. Ou alors, c’est que vous ne connaissez pas le Petit Nicolas ! Moi, je pense que c’est même à l’école, que l’on a les plus belles années à vivre.
Certes, les professeurs, ce ne sont pas toujours des cadeaux, et ça, j’en suis bien conscient : donc, j’essayerai de ne pas trop vous parler des professeurs, ou alors seulement pour rigoler, et pas trop souvent quand même, parce que nous nous moquons déjà bien assez souvent d’eux en classe, et ce ne serait pas très correct, de notre part, de remettre ça le soir, bien à l’abri de leurs regards. L’architecture des écoles, c’est rarement du neuf, et il faut même reconnaître que mon collège aurait sacrément besoin d’un bon coup de rafraîchissement : on n’en parlera donc pas non plus. Et puis, le contenu des cours proprement dit, on partira du principe que vous le connaissez déjà tous par cœur, comme ça, cela simplifiera le problème.
Donc, pas de cours de maths, pas de rappel de dates d’histoire, pas d’interrogation surprise, pas d’exercices à faire … Ça s’annonce plutôt cool, non ?
En fait, il ne reste pas grand-chose, et vous avez bien raison de me le faire remarquer. Mais ce que vous ne voulez pas regarder en face, ce qui crève les yeux, pourtant, c’est que, ce qui reste, c’est justement le plus intéressant !
Vous ne voyez pas ?
[tourner la page vers l'épisode 2 du chapitre 1]
ajouter un commentaire commentaires (13) créer un trackback recommander


















Fafiots