Lundi 30 avril 2007
[— Où c’est que tu la vois, ma cousine, toi ? j’ai demandé, en cherchant partout autour de moi.]
Elle était pourtant juste derrière moi, à moins de deux mètres dans mon dos, se fartant déjà les lèvres de bénéficier, de la sorte, d’un point d’observation suffisamment stratégique, pour pouvoir débiter tout un article, le plus rapidement possible, dans le Dauphiné libéré familial, sur la stratégie d’approche suspecte et défectueuse, du petit cousin Charlie en milieu sexuel opposé.
Bien sûr, la distance n’était pas suffisamment adéquate pour lui offrir toute la consistance des plus torrides moments d’une vie, pour laquelle elle aurait sans doute vendu sa mère, en échange du sensationnel monopole de pouvoir posséder les plus grandes révélations à faire, à mon sujet, au cours du prochain et traditionnel repas familial de Noël : son acolyte, doublon cependant très particulièrement gâté par la nature, l’oreille tendue vers moi, semblait donc servir de relais plus ou moins fiable, entre ce que j’avais réellement dit, et ce qui avait été réellement entendu !
A la manière de la passeuse de mots à moitié captés et à moitié réinterprétés, cette excitante cousine holographique était en train de répandre, dans le cornet acoustique de ma réelle cousine de mauvais sang, le contenu d’une conversation dont le copyright réel semblait déjà être enregistré par les influents dirigeants du fameux Téléphone Arabe.
Je ne les avais pas détectées, les deux siamoises.
Irrésistiblement attiré par la bise délicate et sensuelle d’un clone avec laquelle coucher ne m’aurait légalement pas été formellement condamnable, je me suis donc muni de toute ma plus belle naïveté, et me suis donc rendu aux mains des deux espionnes.
— Salut, Peggy ! j’ai fait.
Ma cousine Mireille et sa copine Peggy, elles me répondent toujours en chœur :
— Salut, cousin !
J’ai failli leur faire remarquer qu’elles avaient le même parfum, mais comme elles avaient également la même veste, le même sac à main, les mêmes chaussures, la même couleur de pantalon, la même teinte de cheveux, la même coiffure et le même rouge à lèvres, j’ai préféré ne pas me lancer dans un sujet qui risquait de me tenir la grappe pendant des plombes :
— Ça va ? j’ai dit.
Les banalités, c’est ce qu’il y a encore de plus fiable.
— Ça va ! elles ont répondu en chœur.
Moi, c’est la voix de Peggy, que je préfère. Celle de ma cousine est plus sèche.
Il n’y aurait pas moyen de l’entendre séparément, sa voix douce et sensuelle, à Peggy ?
— Et toi, Peggy, ça va ? j’ai tenté.
— Ça va ! elles ont encore répondu en chœur.
Rien à faire. Lorsque l’on a affaire à un pack deux doublons en un, il n’y a décidément rien d’autre à faire que de baisser les bras.
Etant donné que ma cousine et moi avons manifestement passé l’âge de jouer au docteur, je ne pourrai donc jamais espérer coucher avec cette sublime femme qu’est son acolyte, dont la sexuelle expérience, malgré tout, n’aurait pu être que bénéfique à mon tendre et tenace dépucelage ?

On a donc parlé de nos profs. Puis nous avons parlé de nos emplois du temps respectifs, en abordant les jours qui se finissent à cinq heures et puis finalement ceux qui se finissent en six à sept …
Par JEPEH & BREGMAN
-
Publié dans : 33. Il faudra que tu m'expliques
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Fafiots