Mercredi 16 mai 2007
[— Sophie Mimosa, tu ne connais pas ? j’ai craché, sûr de moi. Bon ! Alors ?]
— Sophie ? se sont-elles exclamées en chœur.
J’ai eu un soubresaut terrible :
— Vous la connaissez ?
— Ben, ouais ! Je la vois tous les jours ! se moqua ma cousine.
Quel gaffeur je fais ! J’avais oublié qu’elles avaient été plus ou moins voisines, il y a quelques années …
— Tiens, tiens … ajouta-t-elle. Je lui dirai ça, quand je la verrai : je lui demanderai si elle s’entend bien, avec mon cousin !
Elle se tourna vers Peggy, et lui fit :
— La dernière fois que j’ai vu Sophie, je lui ai dit : Et mon cousin, alors ? Il n’est pas trop timide, avec les filles ? Elle a rigolé, et elle m’a fait : Non, non … Ça va …
— Ah, ouais ! s’interloqua Peggy. Je vois le genre !
Un brin de fierté me parcourut l’échine. C’est vrai ? Elle a vraiment dit ça, Sophie ? Ça veut sûrement dire qu’elle m’apprécie au moins un peu, ça …
Mireille me regarda en biais, et ajouta :
— Ben dis donc, tu ne t’embêtes pas, toi ! Tu ne prends pas les plus moches !
— Eh ! Je n’ai rien fait jusqu’à cette année ! Il faut bien que je me rattrape ! je me suis défendu.

Quel bêta ! Quel niais ! Quel simple d’esprit, je fais ! Mais ce n’est pas possible d’avoir été aussi bête !
— Je lui ferai la remarque, à Sophie, demain, quand je la verrai ! insista ma cousine.
— Ah non, pas de blague ! J’ai commencé à la draguer il n’y a même pas une semaine !
Mais elles ne voulurent rien savoir.
Peggy continua :
— Et l’autre, alors ? C’est qui ?
— Tu ne la connais pas ! j’ai dit, fermement.
Evidemment, elles ne vont pas en rester là ! Elles ne me lâcheront pas, tant que je n’aurai pas craché le morceau. Alors, je dis :
— Si je dis Marina, tu connais ?
— Ah, non ! Je ne la connais pas, celle-là ! répond ma cousine.
Je suis soulagé. Ouf ! Je m’en tire pas si mal.
Mais soudain, Peggy fait :
— Eh ! Attends ! C’est celle qui habite au collège ? Ici ?
Je suis décontenancé. Ce n’est pas possible ! Ne me dites pas qu’elles connaissent aussi Marina ?
— Mais oui, explique-t-elle à ma cousine, rappelle-toi ! C’est celle que l’on voit à la piscine, des fois ! Elle fait bien de la natation, non ?
Pour en faire, elle en fait :
— Ouais. Même qu’elle est super bonne !
Mais je réagis que cette dernière formulation peut prêter à confusion :
— Super bonne, en natation ! je me reprends.
Les deux garces ne relevèrent pas la nuance, complètement sourdes à toute rectification : elles avaient eu ce qu’elles voulaient. Le reste, cela ne les intéressait pas.
Plus rien n’a d’intérêt, lorsqu’on a assouvi sa propre curiosité :
— Ah ! Mais oui ! s’écria soudain ma cousine. Je vois qui c’est, cette Marina !
— On les connaît toutes les deux, alors ? sembla vouloir s’excuser Peggy.
Pas de chance. Pas de chance, n’est-ce pas ? semblait dire son regard.
— C’est bien ce qui me contrarie … j’ai fini par dire, penaud.
Par JEPEH & BREGMAN
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Publié dans : 34. Mireille et Peggy
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