Convocations

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On fait l'appel !

38. Amour facile

Mercredi 25 juillet 2007

Sans dynamo (chapitre 38 épisode 1)

 

Après avoir raccompagné Marina chez elle, je me rendis vite comte que l’ambiance à la maison n’allait pas être au beau fixe. Au moment où je poussai la porte d’entrée, la nuit noire était tombée depuis déjà bien longtemps, et le carillon du salon ne manqua pas de saluer mon retard de huit interminables coups.
Vingt heures. L’heure systématique de la confrontation avec les chiens écrasés.
 
J’entends chuchoter ma mère.
 
Mon père, coupant le présentateur télévisé qui commence son journal, m’alpague au moment où, un pied déjà sur les marches qui montent à ma chambre, j’espérais disparaître discrètement jusqu’à ce qu’ils soient totalement hypnotisés par leur séance de manipulation quotidienne.
« Les chiens écrasés, ça ne sert à rien de les regarder, c’est toujours la même chose ! » je pense.
— Tu as des feux qui marchent, sur ton vélo ? commence mon père.
Je sens que ça commence très mal. Intuitivement, je sais déjà que mon estomac n’est pas encore rassasié !
— J’ai mon brassard, je réponds.
— Le brassard, c’est une chose, mais tes phares, ils marchent ?
Le commandant des armées a décidé de me chercher des noises. Mes phares ne marchent plus depuis longtemps : l’ampoule arrière est grillée et je ne l’ai pas changée, et le phare avant clignote fébrilement à cause de ma jante voilée qui ne fait pas tourner la dynamo correctement …
— Le feu avant, oui … je réponds, sur un ton évasif, pour ne pas avoir l’impression de mentir complètement. 

la dynamo par soi-même

— Et le feu arrière ?
— Le feu arrière, non, mais j’ai le brassard !
Mon brassard est ce qu’il y a de mieux pour un cycliste : une lampe rouge bien éclairée à l’arrière, une belle lampe qui éclaire en continue à l’avant … Ce n’est pas du gadget, mon brassard ! Il m’a coûté au moins quarante francs !
— Tu as un feu arrière qui ne marche pas, et c’est à cette heure-ci que tu rentres ? Tu es complètement malade, ou quoi ?
Que voulez-vous que je réponde à ça ?
— Tu étais où ?
— A la piscine, je fais.
Il le sait bien, où j’étais !
— Il va à la piscine à la tombée de la nuit, maintenant ! s’exclame ma mère.
— Tu peux pas te faire emmener, plutôt que d’y aller en vélo, à une heure pareille ?
— Ben … Je ne voulais pas déranger, et puis c’était juste pour aller me défouler un peu …
Mon père, depuis son fauteuil, m’inspecte des pieds à la tête.
Heureusement, comme je suis parti avec les cheveux pas très bien brossés, j’arbore la preuve que je me suis bien baigné.
— Il est hors de question que tu y ailles avec un vélo pas en état, c’est compris ?
— Oui, Victor ... je marmonne.
J’aurais bien dit « Oui, P’pa ! » mais il aurait cru que je me fiche de lui. A la maison, Papa et Maman, on les appelle Victor et Maryse. C’est Benjamin, qui a décidé ça, quand il était petit …
— Et tu as mangé quelque chose, au moins, avant de partir ? s’y met ma mère.
 
 
Par JEPEH & BREGMAN
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