Lundi 11 septembre 2006
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Il y a des jours où tout semble couler de source. Ce ne fut pas le cas de ce jeudi-là.
Non seulement la journée commençait tout aussi mal que les précédentes (Agnès avait décidément le chic pour arriver au collège à la minute près où je m’apprêtais moi-même à y pénétrer) mais, en plus, l’ensemble global des professeurs semblait former une véritable conspiration contre moi.
Ce jour-là, j’expérimentai, sans le savoir, les limites de la cristallisation paranoïaque aiguë.
Agnès et moi nous dirigions vers notre point de rassemblement, quand nous croisâmes la prof de maths.
— Bonjour ! lui lançons-nous en chœur.
Seulement, ma voix, quelque peu enrouée, ne porta sans doute pas autant que celle d’Agnès.
— Bonjour Agnès, répond la prof.
J’étais boycotté.
— Elle ne t’a pas reconnu ?
Je lui lançai un regard véreux de travers, sans chercher à dissimuler ma susceptibilité accentuée par le mauvais sommeil que je venais d’avoir. Ce n’est pas tous les jours qu’on a un premier rendez-vous galant.
— Quand je pense que j’ai la meilleure note à chaque devoir … C’est bien la peine ! je râle.
— Ce doit être ton bonnet ! suggère Agnès, essayant de trouver une explication.
Ma mère, ce matin, avait lourdement insisté sur le fait que la température avait sérieusement chuté, et qu’il était hors de question que je m’en aille sans me couvrir la tête. Le prix de la consultation chez le médecin, quoique remboursée par la Sécu, serait de ma poche au moindre rhume !
Tous les prétextes sont bons pour extorquer de l’argent à ses proches, lorsque l’on est femme au foyer.
Parti sur mon vélo avec le bonnet dans la poche, je m’étais sagement résolu à le mettre trois cents mètres plus loin, hors de la ligne de mire maternelle.
— J’étais sûr que ce bonnet allait me contrarier …
Il est évident que je ne suis pas un adepte du port du bonnet pendant les cours, sans compter que ce genre de coquetterie me dirigerait tout droit chez le proviseur. La prof ne m’avait peut-être tout bonnement pas reconnu ?
— Ou alors ton anorak ?
S’il faut se ramener à l’école bras nus par une température de trois ou quatre degrés, rien que pour que les profs me reconnaissent dans la cour du collège, je ne suis pas prêt de la remplir, la tirelire personnelle ! Je me demande d’ailleurs si ma mère n’irait pas jusqu’à me faire payer l’intégralité des médicaments prescrits …
— Bah … Ce n’est pas bien grave … banalisai-je, songeant davantage à mes pièces de dix francs qui n’étaient pas prêtes de s’envoler sous mon gros bonnet bien amarré, qu’à Miss Grobbins proprement dite.
— Elle ne te fait tout de même pas la tête à cause du problème de mardi ?
— Quel problème ?






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