Mardi 7 novembre 2006
Ça ne peut plus durer !
Deux jours ! J’ai tenu deux jours ! Et je craque !
Hier, à la piscine, qu’est-ce que je me suis ennuyé ! Jules et Bernard adorent le toboggan. Tu sais, celui qui fait un gros virage tout plat où il faut pousser sur les parois pour continuer à glisser, et un tout petit tout raide qui te rejette à l’eau comme une pièce de monnaie tombée dans une canalisation ! Au bout de quatre descentes à me râper le maillot de bain, je suis resté sur le bord pour les regarder boire la tasse tous seuls, Jules et Bernard.
C’est nul, le toboggan.
Après, nous sommes allés dans le grand bassin, celui qui ne peut même pas être homologué pour des jeux olymptypiques, parce que, d’abord, il ne fait que la moitié de la longueur exigée, et ensuite parce que lorsqu’ils l’ont construit, ils ont oublié de prendre en compte l’épaisseur du carrelage, et au final, leur longueur de vingt-cinq mètres ne fait plus que vingt quatre mètres quatre vingt dix-huit.
C’est de la triche, il paraît, par rapport à ceux qui se font chronométrer dans des vrais bassins où ils ont tenu compte de l’épaisseur du carrelage, une longueur qui fait deux centimètres de moins que les autres.
Il n’empêche que ça ne rebute pas la clientèle. Il y a avait un monde dingue !
Le samedi, il faut croire que tous les parents qui veulent profiter de leur week-end, pour se prélasser devant la télé sans être dérangés, envoient leur progéniture à la piscine. Tu aurais vu l’anarchie ! Impossible de nager une longueur complète sans être bousculé, aspergé, touché ou coulé. Quelques mamies ont d’ailleurs dû quitter le bassin, enragées par le fait que des sales gosses avaient osé leur mouiller le dessus des cheveux.
La prochaine fois, elles reviendront avec un cellophane sur la tête. Comme au rayon jambon.
Ça maintient les cheveux au sec, le cellophane. Ça empêche peut-être le cerveau de respirer, mais ça maintient les cheveux au sec !
Les deux plongeoirs ont eu beaucoup de succès, eux aussi. Surtout auprès des six à douze ans, qui se battent systématiquement pour pouvoir sauter les uns avant les autres.
Ils se battaient d’ailleurs tellement bien que, des fois, il fallait faire très attention de ne pas se les prendre sur la tête. Surtout quand ils tombaient en grappes, comme le raisin.
C’est nul, le plongeoir.
Même le maître nageur a fini par laisser tomber son sifflet. D’ailleurs, il a disparu. Je pense qu’il est allé rendre ses tongs et son joli maillot de corps, et qu’ils l’ont hospitalisé pour dépression nerveuse.
Avec Jules, nous nous sommes inventés une nouvelle nage terriblement difficile. La longueur de bassin avec le corps à la verticale dans l’eau et les deux mains sur la tête !
Cela demande beaucoup de souffle.
C’est un exercice destiné à nous muscler les cuisses !
Le risque, c’est d’attraper une crampe au pied au milieu du bassin. Là, tu coules à pic, et tu es obligé de rejoindre comme tu peux l’échelle de secours qui se trouve dans les angles.
La deuxième fois, Jules est remonté tout bleu.
La troisième, on a dû le remorquer à deux, avec Bernard, comme des vrais maîtres sauveteurs.
Il a bien essayé de nous adresser un petit merci, mais comme il avait déjà avalé beaucoup d’eau, son petit message a fait gargarisme, et nous n’avons pas vraiment bien compris l’intitulé de ses dernières volontés.
Nous en avons déduit qu’il était temps de repartir.
C’est nul, la piscine.
Il y a deux jours, ton joli corps se baignait dans cette même eau. Les particules chlorées de ce liquide tout bleu glissaient élégamment le long de ta silhouette de sirène, et moi, voilà, en guise de compensation, j’ai droit à un bassin plein de monde avec personne qui ne m’intéresse.
Tu me MANQUES, Marina !






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