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13 décembre 2006 3 13 /12 /décembre /2006 00:24

Il y a environ neuf mois, un échappé de Bregman a commencé son petit bout de chemin. Aujourd'hui, il est en train de venir au monde !

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 
 
Au lieu d’auberges espagnoles, de châteaux en Espagne, de toreros et de castagnettes, aujourd’hui, c’est visite chez les vieux.
Les vieux, ce sont les grands-parents.
Un jour, nous serons tous vieux. Et ceux qui ne seront pas vieux seront morts.
Eux, ils ont de la chance : ils sont vieux. Ils habitent un appartement au quatrième et dernier étage d’un immeuble, dans lequel ils vivent depuis le jour où ils ont décidé d’accepter de devenir vieux.
Mon père, il déteste cet appartement. Il dit que ça sent le vieux, que ça aurait besoin d’un bon coup de ménage, d’un bon coup de débarras.
— C’est plein de bibelots ! Qu’est-ce qu’ils sont moches, leurs bibelots ! Ça fait trente ans que je les vois toujours posés au même endroit, leurs bibelots !
Mais les vieux, eux, ça les rassure, leurs petits bibelots toujours posés au même endroit, toujours orientés de la même façon, d’une semaine sur l’autre, même quand on essaie de faire des expériences, avec mon frère, en les interchangeant entre eux, par exemple, leurs bibelots, ou en les tournant face au mur, pour qu’ils nous dévoilent enfin la face cachée de leur raison d’être …
Une fois, mon grand-père nous avait grondés. Le gros éléphant posé sur la télévision avait l’air de renifler les fesses de la grande poupée de porcelaine.

 Bibelots souvenirs fête des pères fête des mères Noël Saint-Valentin Décorations pas chères
 
 
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
   
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12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 00:24

 


[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 
Je reprends le stylo et tente de me mettre l’imagination en ébullition. Monsieur Antoine, le prof de français, il nous prend pour des génies géniaux.
— Sujet : écrivez-moi une nouvelle ! il a dit.
Jacky avait ri sous cape : « une nouvelle de journal ? »
— Une nouvelle sur ce que vous voulez !
Demain, c’est dimanche de Pâques, il y aura plein de petits œufs en chocolat cachés partout dans les maisons et les jardins tout mouillés, et le prof de français, il veut qu’on lui ponde une nouvelle.
Il est vraiment dingue.
Période de Pâques, époque épique !
Pas de nouvelles, bonne nouvelle, j’aurais envie de lui dire, et je serais débarrassé de son devoir une bonne fois pour toutes.
Mais il attend une vraie nouvelle, tandis que moi, j’attends tout simplement des nouvelles de Marina ; et sans nouvelles de Marina, il m’est tout bonnement impossible d’écrire la moindre nouvelle !
On tourne en rond.
Queue de poisson.
 
 
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11 décembre 2006 1 11 /12 /décembre /2006 00:24

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

Aujourd’hui, c’est samedi. Il pleut comme vache qui pisse, et je sens le chien mouillé.
— Il y avait du courrier pour toi ? a demandé ma mère suspicieuse.
Evidemment, elle doit se douter de quelque chose. Moi qui n’allais jamais récupérer le courrier, me voilà au garde-à-vous dès que passe le facteur.
— Programme télé. C’est tout.
Je bougonne.
Je suis d’humeur bougonne aujourd’hui.
Il pleut, je n’arrive pas à faire ma rédaction de français, je ne comprends plus rien à la géométrie, je ne comprends plus le moindre mot de mes cassettes d’anglais qui pourraient d’ailleurs faire l’effort de communiquer en français de temps en temps, j’attends ta lettre, et ce maudit facteur ne me ramène jamais rien, hormis ce petit sourire en coin, du genre « toujours rien pour toi, mon petit bonhomme, ah ah ! c’est dur, la vie, hein ? », et en plus, ma mère n’arrête pas de m’observer par la fenêtre …
Si elle croit que je ne la vois pas, planquée derrière ses rideaux qui bougent tout seuls …
 
Je bougonne.
Le programme télé, ils sont tous à se jeter dessus comme s’il s’agissait d’une denrée rare, un truc qui est censé leur changer le cours des choses et la face du monde. Ils sont tous là à mes pieds, mère, sœur, frère, comme des chiens qui n’auraient pas eu à manger depuis deux jours, et à qui je serais en train d’amener la petite pâtée inespérée.
Bas les pattes !
Le téléstar est à moi. Il pleut comme vache qui pisse et je sens le chien mouillé. Donc, le programme est à moi.
Tu parles d’une poésie.
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 Certaines presses mettent de meilleure humeur ;)
 

 

 

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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 00:23

 

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 
Elle n’a qu’à s’attaquer aux personnes âgées, la grande faucheuse ! Il y en a plein qui ne demandent qu’à mourir, dans les hôpitaux ! Plein qui n’espèrent que ça, qui n’attendent plus que ça pour enfin pouvoir retrouver le sourire, alors pourquoi elle ne s’attaque pas à eux, la grande faucheuse ?
Quoi ? Il faudrait lui mettre des majuscules, en plus ?
Il ne manquerait plus que cela, qu’on lui fasse des courbettes et qu’on lui cire les pompes ! Il ne manquerait plus que cela, qu’on lui lustre la faux, qu’on la fasse briller un peu plus dans le noir, qu’on l’aiguise et qu’on lui rende service …
Pour qu’elle en profite pour vous faire un sale coup dans le dos ?
 

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Croyez-moi, ce n’est pas le moment de sympathiser avec la grande faucheuse. Quand on est jeune, ça doit l’attirer comme un défi. Les personnes âgées, qui ne peuvent plus fuir, plus se défendre, plus même se plaindre, ça, c’est trop facile, pas vrai ? Alors on laisse traîner, on les oublie, on les laisse de côté comme un insecte écrasé sur lequel on n’a pas suffisamment appuyé, et on laisse s’épuiser le cœur, la respiration, la joie, la volonté, la tête, la mémoire …
— Saloperie de grande faucheuse !
Aïe. Elle est sournoise, en plus. Elle me rôde autour depuis tout à l’heure, mais, pensez-vous, elle se gardera bien de se montrer au grand jour …

 

 

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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

 

En Italie, il faut dire que les amoureux sont moins bêtes : quand ils disent « j’aime Marina », ce n’est pas le même verbe que lorsqu’ils disent « j’aime la soupe » ! Du coup, peut-être que l’estomac, l’appendice, bref, tout ce qui n’existe que pour voir transiter de la nourriture, ne se met pas à se rebeller quand vous ne mangez rien le soir, sous prétexte que vous n’avez pas le cœur à avaler quoi que ce soit ?
Ils ont raison, les italiens. Je ne vois pas comment l’on peut aimer quelqu’un, avec le même verbe que celui que l’on emploie pour aimer la soupe, moi !
 
Mais voilà que mes crampes recommencent. Aïe, aïe, aïe ! Je vais donc mourir dans d’atroces souffrances sans avoir pu savourer une dernière fois la douceur de tes lèvres, le souffle de ta sensualité, la légèreté de tes cheveux et l’immensité de tes regards étoilés ?
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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

Quoi ?! Bon sang ! Faut-il que je sois fou, pour t’écrire des choses pareilles ? « Je ne vais pas t’écrire que je t’aime plus qu’hier et moins que demain, parce que je n’aime pas me répéter. Alors, je te dis simplement : n’oublie pas que tu es la femme de ma vie. »

 

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Qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête au moment où j’ai écrit ça ? Je sais bien que tu m’avais écrit toi-même, sur mon carnet d’adresses, à la fin de mon cahier de textes, « n’oublie pas que tu es l’homme de ma vie », mais tout de même ! Toi, tu avais l’avantage de m’avoir sous les yeux, de pouvoir guetter mes réactions les plus secrètes, de pouvoir rectifier le tir au cas où … Mais moi ? Moi, face à la page blanche, je n’aurais pas pu trouver mieux à dire ? Plus discret ? Plus subtil ?
Rappelle-toi, je t’en prie ! Fais un effort ! Cette phrase, je te l’ai déjà dite, une fois, droit dans les yeux, en dissimulant tant bien que mal l’embarras derrière le sourire de l’audace ! Mon Dieu, faites qu’elle se souvienne de ce sourire, de cette audace, qu’elle fasse d’emblée le rapprochement, et qu’elle ne me prenne pas au pied de la lettre, par pitié !
 
D’un autre côté, si elle ne me prend pas au pied de la lettre, à quoi elle servira, cette lettre ?
 

 

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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

Chap_23_E3.jpg

 

 

Rhâââââ ! Il ne faut pas que je cède à la panique ! Je suis juste en train de psychoter. Ce sont des choses qui arrivent, ça, le fait de psychoter. Ce n’est pas grave : ça va passer. C’est évident, que l’adresse était bonne. Comment aurais-je pu ne pas m’en rendre compte, si l’adresse n’avait pas été complète ?
Ce qui est moins sûr, c’est que la lettre ne se soit pas coincée quelque part aux heures de la relève…
Le Papet, de Pagnol, ce n’est pas une histoire comme celle-ci qui lui est arrivée ? Si ! Rappelle-toi ! La Florette lui envoie une lettre pour lui dire qu’elle est enceinte de lui … Lui, il est au service militaire dans le désert, et il ne la reçoit pas, la lettre ! Quand il rentre, la Florette en a épousé un autre, elle a un fils, et même qu’il est bossu parce qu’elle aura tout fait pour le perdre et qu’elle n’y est pas arrivée, et ce con de Papet, il ne va même pas lui parler, à la Florette, et toute sa vie, il ne sait même pas que le Bossu, c’est son fils qu’il n’a jamais eu, et même que Ugolin, c’est pas son fils, il cultive les œillets mais ça remplace pas, et …
C’est une histoire sordide, une lettre qui se perd.

 

 

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

 

Je te l’ai postée hier, cette lettre. Je m’y revois encore, en train de la lâcher de mes doigts hésitants … Je la revois encore, disparaître dans cette fente obscure ! Un moment, j’ai eu le doute qu’un coup de vent ne l’ait emportée, le temps d’un mouvement de paupière inopportun. J’ai mis un œil dans la boîte, mais c’est profond, une boîte postale, aussi profond qu’un cœur qui se sent seul, et il n’y a même pas de lumière pour pouvoir vérifier que tout est bien ok, même pas de petit récépissé pour t’avertir que tu n’as plus de souci à te faire …
 

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Je me demande si je n’aurais pas dû l’envoyer en recommandé, quand même … Une lettre comme celle-là, c’est un vrai bulletin de vote, c’est une vraie déclaration officielle … ça se recommande, des trucs pareils ! Vous rendez-vous compte du drame qui se prépare, si le facteur ne la trouve pas recommandable, cette lettre ?
 

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


Une chose est sûre : je ne suis pas Baudelaire !
Si j’avais eu la tête de Baudelaire, j’aurais au moins su comment la commencer, cette fichue lettre, que j’ai postée au courrier d’hier !
J’aurais sans doute eu plein de belles choses à te dire, plein d’évanescences à saisir au vent, plein de bon air à te faire goûter … J’aurais avancé parmi les lignes avec l’agilité des petits papillons qui t’amènent le printemps, les ailes bien colorées, la chorégraphie bien huilée …
 
Ah ! si seulement j’avais eu la tête de Baudelaire !
 

Chap_23_E1.jpg

Au lieu de ça, que ma grosse patte, en guise de poésie ! Pas d’ailes pour m’envoler l’esprit, et même pas d’alcool pour me bercer l’enchantement : tel le fauve affamé à qui l’on vient de greffer des sabots, j’avance, sans finesse, vers le souffle voluptueux de tes formes alléchantes ! Tel le rustre qui s’en revient des champs, après sa longue journée de travail, je viens chercher ton amour à bras le corps, sans gêne, sans séduction, sans la moindre hésitation …
Cette lettre était nulle.

 

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30 novembre 2006 4 30 /11 /novembre /2006 00:22

Kamasutra indécent (chapitre 22 épisode 6)

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 « Tu t’entêtes à te foutre de tout mais pourvu qu’elles soient douces … » chante la cassette.
Les petits sourires en coin et les regards complices fusent, entre ma mère et mon père. Je ne sais plus où me mettre. Adhérer à cette apologie de la fesse douce, c’est, en quelque sorte, affirmer haut et fort une certaine maturité sexuelle que j’aimerais pourtant garder discrète et privée, si cela est possible !
C’est possible ?
 
Tu fais des Ah! des Oh!
Derrière ton ouvrage
Quand mon petit pantalon
Debout et de dos
Sans perdre courage
Dénude tes obsessions
 
Jamais l’écoute de ce tube ne m’aura paru aussi long ! Mon dieu ! Ne peut-il pas tomber en panne, cet autoradio ? Ne peut-il pas en faire une indigestion, de toute cette incompatibilité de générations, et me recracher ma cassette ?
 

Un instant, des sueurs froides m’envahissent la nuque : heureusement que je n’ai pas opté pour la cassette video, au lieu de cette version audio ! S’ils voyaient le clip, c’en serait fini, de ma scolarité en établissement public ! Terminées, les petites cachotteries présexuelles, les petits rancards en douce, les petits courriers cachés sous le manteau, postés dans le plus grand des secrets ... Je n’aurais plus qu’à affronter l’enfer des pensionnats de garçons, l’uniforme et le sifflet, la rigueur et la discipline, l’exercice et la punition …
Devenir un adulte comme on devient un eunuque !
Et tout ça à cause de parents qui ne comprendront jamais comment l’on peut aimer écouter de la musique pareille !
 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
 
 
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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 22. Premières amours
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