Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Conciergerie

 

ajouter-au-panier.png

 

 

Couloirs

Heures de colle

avatar

Tableau D'affichage

12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 23:12
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
C’est quand les rideaux sont bien tirés, quand les petits spots se mettent à clignoter de plus en plus vite et dans tous les sens, et quand tout le monde commence à s’agiter frénétiquement comme un tas de petites piles sur pattes.
C’est quand il y a une musique qui commence comme un slow. C’est quand les corps se rapprochent, quand les bouches ont envie et que les cœurs s’impatientent.
C’est quand les regards se découvrent, quand les apparences lèvent leur voile.

Sauf que les rideaux t’étouffent, les petits spots t’énervent, et tout ce joli monde qui se trémousse sous ton nez te balance des coups à chaque fois qu’il essaie de lever un bras.
Sauf que la musique qui commençait comme un slow, eh ben, fausse alerte, ce n’est pas un slow.
Sauf que les corps qui se rapprochaient, ils ne se rapprochent plus et tout le monde se remet à bouger, à demander de l’espace, toujours plus d’espace autour de soi, et les bouches se ferment ou alors elles hurlent mais il n’y a plus de baiser à en tirer et c’est comme ça.
Les regards disparaissent dans le vague, les apparences redistribuent leurs rôles et tout le monde entre en transe.

Alors elle se rasseoit.
Elle s’éloigne de la piste sur laquelle tout le monde danse, elle prend une chaise là-bas au fond derrière le prof de dessin qui repère déjà ses disques pour après, elle baisse les yeux et elle est triste.
Elle est comme ça, Jeanne.
Elle a des seins tout neufs, des hormones qui crient à l’aide en permanence, une jupe toute courte, un maquillage tout bien fait et des cheveux tout bien coiffés… et pourtant, c’est comme ça : personne ne veut jamais la toucher, la Jeanne. Ça fait des années qu’elle en rêve, des années qu’elle se fait des films, des années qu’elle espère des trucs de plus en plus improbables, et ça continue.
Encore et encore.
Comme le blues de la condamnée.
Comme le coup de blues de quelqu’un qui voudrait un peu d’amour et qui n’en a jamais.



Alors je ne peux pas laisser faire ça. Je suis un salaud, je suis sans doute le pire des salauds et je vais certainement lui donner des faux espoirs, mais en même temps, je ne peux pas rester là, comme un con, comme si j’étais insensible à cette tristesse qu’elle est trop fragile pour garder pour elle toute seule…
Alors je m’avance, je vais la voir, je me mets presque à genou devant elle pour que ses yeux croisent enfin les miens, et je lui dis :
— Tu danses avec moi, à la prochaine ?
A ces mots, Jeanne, elle se croit une princesse. Cela va durer une seconde, son cœur va se remettre à battre pour quelque chose, je vais lui raviver sa petite flamme qui bat à l’intérieur et puis elle va se raviser et retomber dans sa léthargie, mais je lui aurai au moins offert la possibilité de vivre cette seconde-là, et si cette seconde-là peut lui redonner le goût de se lever et d’aller en chercher un autre au hasard sur cette piste, alors j’aurai été un salaud gentil.
Tellement gentil que ça ne fera plus de moi un salaud.
Mais Jeanne, elle ne se ravise pas.
Ses yeux s’illuminent et son joli sourire timide lui répare tout le visage.
Elle remet son joli chapeau et se lève, elle me prend même la main et m’entraîne, et là, pendant que Claudius m’interroge, d’un simple regard fait d’une paire d’yeux tout écarquillés, de toutes les questions qui lui passent par la tête à ce moment-là, je me rends compte que ce n’est jamais noir ou blanc, la vie des sentiments, et que lorsque tu veux mettre un peu de lumière dans les idées noires de quelqu’un, tu ne sais jamais si en réalité tu n’es pas en train de lui éteindre les dernières lueurs d’espoir qui lui restait.

Je suis vraiment un salaud.

Quand elle a approché sa bouche de la mienne et que, in extremis, j’ai aperçu Marina revenir parmi nous, je l’ai envoyée direct dans les bras de Jacky qui passait par là, et je me suis débiné.

Le cœur rempli de honte, j’ai voulu aller m’asseoir sur la chaise.
Là-bas. Au fond.
Derrière la musique des amours des emmerdes.

Et au lieu d’avoir le cœur qui s’enflamme à la vue de ma nana déguisée en mannequin des défilés de mode, le cœur, je l’ai eu fendu en deux, moi.
Avec un morceau resté au fond de celui de Jeanne, et l’autre instantanément métamorphosé en pierre.

— Tu me trouves comment ? a minaudé Marina.
Et tandis qu’elle passa ses bras autour de mon cou, Jeanne vint se poster à un mètre dans son dos, les bras croisés et le regard plein d’éclairs, et je vous jure que les spots du père Givet, ils avaient beau s’agiter dans tous les sens, c’était vraiment de la gnognote !



Repost 0
9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 23:09
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Tout le collège est maintenant au courant que les 3èmes 6 sont en train de mettre le feu au bâtiment du réfectoire. Gilou, qui ne perd jamais une occasion de mettre en application son esprit mathématique, nous fait remarquer que si l’on décidait de faire payer l’entrée, on pourrait vraiment se faire une belle cagnotte pour les vacances.
Mais heureusement, Sylvie revient à l’assaut et lui propose de venir plutôt faire des figures géométriques avec elle sur la piste.
Dans la cour, les bruits ont couru plus vite que Sylvester : les 3-7 ont répondu présents les premiers car il s’agit de notre classe binôme, celle avec qui nous avons partagé tous les cours de gym durant toute l’année.
Je les aime bien, les 3-7 mais ils me rendent méfiants.
Chris, Sylvester, Pablo et Aldo sont les plus dangereux : une demi-tête de plus que chacun d’entre nous, des muscles à en faire pâlir le groupe des Musclés, un teint halé qui vous offre la Méditerranée au fond de leurs yeux bleus ou verts…
J’aime pas trop.
D’ailleurs, je surveille le retour de Marina de très prêt. Il ne s’agit pas de la manquer.
Une fois ces chasseurs de cœur entrés dans l’arène, rien ne pourra les arrêter.
— C’est qui, qui les a invités, les quatre mousquetaires, là ? je demande à Armand.
— Je crois que c’est Sophie.
J’aurais dû m’en douter.
Sophie est sortie avec Chris, cette année. Plusieurs fois en contrat d'intérimaire. Elle est sortie avec Sylvester, puis elle est sortie avec Pablo durant trois jours de suite. Mais Aldo, elle ne l’a pas encore essayé.
Je soupire.
— Ils sont célibataires ? j’enquête.
Armand sourit. Il a compris mon inquiétude.
— T’inquiète pas, va ! Le temps que Marina revienne, ils ne le seront déjà plus !
Je lui glisse un clin d’œil :
— C’est le moment d’envoyer un premier slow ! T’as une idée ?
Cette suggestion le fait bondir :
— Un slow ? Tu n’es pas fou ? C’est beaucoup trop tôt ! C’est le moment d’aller chercher des bombasses dans la cour, oui !
« Bombasses » ? Armand a dit « bombasses » ?
Je le regarde avec stupéfaction. Décidément, l'arrivée des grandes vacances changent les gens, on dirait !
— Attends… Il n’y en a pas déjà assez comme ça ?
Il hausse les épaules :
— Moi, ce que j’en dis, c’est pour toi…
Après une brève énumération de la qualité de la faune disponible, il ajoute :
— Si tu me donnes ton feu vert, avec Steph et Claudius, on te fait une opération commando vite fait bien fait dans la cour et on leur ramène des appâts tellement irrésistibles, à tes quatre mousquetaires, que je leur donne  cinq minutes maxi avant qu’ils ne tombent dedans !
J’ai regardé la montre, j’ai regardé le contenu de la salle, et j’ai jeté un œil sur le comportement des quatre mousquetaires.
Chris a susurré quelque chose à l’oreille d’Estelle. Estelle a fait non.
Sylvester s’est approché de Sophie et Sophie a fait mine de ne pas le voir et a tourné les talons.
Pablo a voulu faire son chaud avec Natacha, mais elle a eu une baffe facile.
Aldo a collé Emilie d’un peu trop prêt : elle s’est précipitée dans mes bras en me faisant un clin d’œil en me demandant de faire semblant de l’embrasser.
Je l’ai serrée très fort contre moi en priant que Marina ne déboule pas au même moment, et puis j’ai glissé à Armand :
—  Vous avez mon feu vert…

 

Repost 0
5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 06:08
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Marina m’a glissé à l’oreille : « je monte me changer, attends-moi là, je te fais une surprise ! »
J’ai arrêté de danser.
C’est bête, mais une boum sans la nana pour qui ton cœur fait boum boum, ce n’est plus du tout la même boum. D’ailleurs, Gilou a voulu faire son chef, et la musique de Top Gun s’est emparé du plafond de la salle comme un ballet aérien auquel personne ne semblait vouloir participer.


Découvrez Kenny Loggins!



Armand a tenté de raisonner Gilou par le dialogue, Paulo lui a fait doucement remarque que Kelly McGillis n’était pas dans la salle, Jacky s’est moqué de lui en lui disant que le seul avion qu’il pourra piloter dans sa vie, c’est un de ceux qui se trouvent au sommet des manèges pour enfants de quatre à six ans et là, Gilou a vu rouge.
Son poing n’est pas passé bien loin du nez de Jacky et si Claudius ne s’était pas interposé au bon moment, la boum dégénérait vite fait en bagarre générale.

Gilou, il n’aime pas qu’on se moque de sa taille. Il dit qu’il n’est pas petit.
Chez lui, la hauteur maximale de sa chambre, située sous les combles, est à un mètre cinquante cinq, mais il n’est pas petit, Gilou. Sa mère lui concocte des soupes de toutes les couleurs, qu’il est censé ingurgiter à chaque récréation, mais il les refourgue au clochard qui dort sur le banc en face de l’entrée du collège, histoire de nous prouver qu’il a même un très grand cœur, Gilou… Au volley, c’est le seul qui peut passer sous le filet sans s’en apercevoir ; quand il est appelé au tableau, c’est le seul qui ne peut pas écrire plus de trois lignes au-dessus de la hauteur des tampons à effacer ; lorsque la prof d’anglais lui demande d’accrocher le mot des absents sur le clou devant la porte de la salle, il demande de l’aide à Pascale ; pour monter dans le car, il est obligé de s’aider de la main courante ; pour mettre un œil dans la microscope du prof de sciences nat’, il doit monter sur le tabouret…
— Mais non, tu n’es pas petit ! le console Stéphane. Ne t’inquiète pas !
Stéphane, il prend des hormones depuis six mois. Avec les six centimètres qu’il s’est déjà offert, il pourrait presque devenir son coach, à Gilou.
— Et puis tu peux encore grandir ! l’encourage Marylou. Ça grandit jusqu’à quel âge, un petit garçon, vous savez ?
— Moi, je te trouve mignon tout plein, comme ça ! Ce qui est grand est chiant et ce qui est petit est joli ! lui confie Ninie, en douce.
Sylvie, elle l’aime bien Gilou. Peut-être parce qu'ils sont de la même taille. Déjà l’année dernière, lors du voyage scolaire à Versailles, au fond du car, elle l’avait fait sauter sur ses genoux, le Gilou.
On était tous terriblement jaloux, d’ailleurs, parce qu’elle est drôlement mignonne, la Sylvie.
— Allez, viens voir par là ! Je vais te faire un câlin, mon bébé ! elle lui lance, pleine d’affection.
Et là, je ne sais pas quel est le con qui a choisi ce disque, mais la musique qui nous remet le cœur à faire la fête, c’est…
Gilou, il nous a lancé un regard foudroyant, et Sylvie a été obligée de l’emmener faire sa promenade dans la cour pour le calmer.
Un couple ! Un !
C’est vraiment génial, les fins d’année…




Repost 0
3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 06:48
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
C’était bien la première fois que tout le monde était en avance sur l’horaire.
A une heure et demie, toute la classe était déjà en salle.
Frustrator, le seul pion de tous ceux et celles qui sont au courant de notre petite boum improvisée, ne peut pas s’empêcher de venir lorgner toutes les dix minutes de l’autre côté de nos rideaux.
— Il est pénible, celui-là ! a lâché Sophie.
Jacky lui a ordonné de fermer les rideaux une bonne fois pour toutes. Il n’a qu’à aller voir ailleurs, lui ! Il n’est pas invité !
— Ah non ! Ce sera encore pire après : il va venir nous surveiller directement sur place ! s’est exclamé Marina. Laisse ouvert !
Frustrator a serré les dents et il a fait semblant de partir, mais en réalité, il n’attend qu’une seule chose : que deux d’entre nous se transforment en couple qui se bécote ! Et lorsque ceci arrivera, il se transformera en légionnaire romain qui mettra fin à la fête en nous faisant tous jeter au cachot, et en envoyant le couple fautif directement dans la gueule des lions.
— Tu as toujours la clé ? j’ai demandé à Armand.
— Je confirme !
Tant mieux : quand la boum commencera, on tirera les rideaux et on fermera la porte à clé en mettant la musique à fond.
Frustrator aura beau tambouriner, on ne l’entendra plus et tout le monde pourra danser, chanter et se toucher comme il se doit.
C’est quand même la fin d’année, nom d’un poil !
— C’est la fête, par ici, on dirait ! a lancé le prof d’arts plastiques, en glissant sa tête par l’entrebâillure de la porte.
On lui a expliqué qu’on allait faire une méga boum pour fêter la grève des profs, euh, non, pour fêter la fin d’année, Monsieur !
— Vous avez du matos ? il a fait.
— Du matos ?
— Ben oui, du matos, quoi : une chaîne Hifi, des enceintes, un truc qui crache… Vous n’allez quand même pas faire une boum avec ce poste de musique de chambre, non ?
Il a montré le poste que Sylvie avait posé sur une chaise.
On a haussé les épaules. Faute de mieux, on se contentera de peu…
— Je vais vous arranger ça ! Sophie, Charlie, Gilou, vous venez avec moi ?
Il nous a emmenés dans sa caverne aux trésors, pleine d’œuvres d’art inestimables, allant des découpages experts des sixièmes aux toiles abstraites des plus créatifs, en passant par les sculptures d’argile peintes à la gouache, les tirages de photos aux flous artistiques, et la fameuse fissure du mur du couloir – pièce majeure – encadrée par ses propres soins comme figure déroutante de l’art contemporain.

Un quart d’heures plus tard, on revenait avec son « matos » à lui : une chaîne Hifi avec lecteur de disques, de cassettes, de vinyls, avec des enceintes grosses comme des tabourets.
— On peut commencer à mettre de la musique ? a demandé Sylvie.
On a tous regardé son poste, on a tous regardé la nouvelle chaîne Hifi, et on a tous dit :
— On peut mettre la musique, mais c’est Givé qui s’en occupe !
Monsieur Givé, il a eu un sourire jusqu’aux oreilles, et avec son air d’adolescent de cinquante cinq ans, à peine ridé par les affres de la création artistique, il a répondu :
— Reste avec moi, Sylvie ! On va leur mettre le feu en deux minutes !
Il a tout branché comme il faut, et quand le son est sorti, on a eu le cœur qui s’est mis à l’unisson avec toute la classe et on a tous commencé à faire les fous.
C’était notre début de soirée à nous.
A quatorze heures cinq.

 

Repost 0
1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 08:00
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
A la récré, comme les profs sont en grève, Gilou, il a dit :
— Cet après-midi, il n’y aurait pas un externe qui nous ramènerait un poste, pour écouter de la musique dans la cour ?
Claudius, il a trouvé que c’était une bien belle idée et que si on s’y mettait tous, on pouvait même faire une sacrée bonne fête de fin d’année, genre boum et on pourrait tous danser avec tout le monde, genre Emilie, Elisa, Natacha, Marylou et Marina.
Je lui ai donné un gros coup de coude dans les côtes et je lui ai soufflé : « Non, pas Marina ! »
— Oui, enfin, euh… Chacun pourra danser avec celle qui lui plait…
Chacun fait, fait fait, c’ qui lui plait plait plait… a répondu l’écho composé d’Emilie, Elisa, Natacha, Marylou et Marina.
Armand a fait remarquer que ce serait génial d’avoir la clé de la salle d’à côté du réfectoire, là où on fait habituellement les photos de classe, parce que ce serait vachement plus confiné, comme endroit, et que si l’on diffusait des slows, avec les rideaux noirs tirés et des petites lumières d’ambiance, ça le ferait vraiment !
J’ai dit que je trouvais ça vraiment génial, comme idée.
Ce n’est pas que je manque de vocabulaire, mais là, franchement, je ne pouvais pas dire mieux. Gilou venait d’avoir un coup de génie magistral. Faire une boum improvisée, sur place avec tout le monde de dispo, sans que les parents le sache, sans que personne ne nous surveille, ça, c’était vraiment un coup de génie magistral.
— Je peux amener des cassettes ! j’ai fait.
— Tu veux amener quoi ? a demandé Stéphane, sceptique.
— Amène ! Amène seulement ! Amenez tous de la musique ! On triera après ! s’est exclamé Armand.
Marina a dit qu’elle s’occupait personnellement des lumières.
Sophie, elle a dit que puisque personne ne voulait danser avec elle, elle s’occuperait de tirer les rideaux.
Mince. On l’avait oubliée, Sophie !
— C’est pas parce que Claudius est un infâme personnage qui ne veut pas danser avec toi que tout le monde est comme lui… s’est précipité Gilou.
Lorsqu’il y a une brèche affective, il faut qu’il s’y engouffre aussitôt, Gilou.
Il est comme ça.
Ça fait quatre ans qu’il attend de pouvoir serrer une fille, alors en cette fin d’année de troisième, il ne tient plus. Il faut le comprendre.
— T’as qu’à danser avec sa cousine, toi ! l’a stoppé Jacky. Vous êtes de la même taille !
— Hein ? Mais de quoi je me mêle, d’abord ? Tu t’es vu, toi ? Tu me dépasses à peine de deux centimètres…
Sophie a lâché un énorme soupir et s’est mise entre les deux pour les séparer.
— Tu vas quand même pas danser avec ce nain de jardin, non ? a continué Jacky.
— Je danserai avec qui je veux ! Vous ne commencez pas à vous battre parce que sinon, c’est tout vu, je ne viens pas !
Sophie, elle a beaucoup de tact. Beaucoup d’arguments aussi, mais quand même beaucoup de tact. Elle a dit qu’elle avait une cassette de Début de Soirée dans son walk-man et que si les garçons savaient se tenir, la Troisième Six du collège allait mettre le feu à la salle d’études.
Un à un, je contemplai les visages de toute la classe. La grève des profs, en plus de la fin d’année, c’était vraiment le début des vraies vacances.
— Et si on invitait aussi des copains des autres classes ? glissa Florent, timidement.
— C’est une très bonne idée ! me suis-je empressé de sous-titrer. Si on invitait des copines des autres classes ?

 

Repost 0
30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 04:43
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Ce matin, au tableau des profs, il y avait tellement de messages d’absence affichés que les pions ne savaient plus comment faire pour les garder tous lisibles.
C’était la ruée vers l’or.
Ça piaillait, ça se bousculait, ça se donnait des coups de coude… Une véritable foire d’empoignes.
Hourra ! La prof de maths, elle est absente !
— Attends ! T’as vu, la prof de français ? Ils ont juste noté « absente » ! ça veut dire qu’on ne sait pas si elle va revenir !
— Elle ne reviendra peut-être même jamais !
La grève des profs donne toujours un petit air de fête, au collège.
Pour un peu, tout le monde ferait la bise à tout le monde, on se réconcilierait même avec les pions les plus désagréables et on n’hésiterait même pas à attacher le proviseur au lampadaire au milieu de la cour, pour danser autour de lui comme des petits sioux bien déterminés à en faire une offrande aux dieux responsables de cette situation inespérée.
— Vive le gouvernement !
— A bas les fonctionnaires !
Evidemment, Marie est une véritable extrémiste. Dès qu’elle en a l’occasion, elle ne se prive pas pour leur casser du sucre sur le dos, aux fonctionnaires qui font grève. Les adultes ne lui disent jamais rien, parce que son père est le maire de la ville.
Nous, on ne lui dit rien non plus parce qu’elle est drôlement jolie. Des phrases extrêmes dans la bouche d’une demoiselle jolie, ce n’est plus de la bêtise, c’est de la provocation.
Or, la provocation est une forme d’intelligence... Donc, Marie est très intelligente.
Et c’est pour ça qu’on l’aime, Marie. Avec ses jolies jambes et ses beaux seins.

Les plus déroutés, ce sont les petits sixièmes. Ils semblent ne rien comprendre de ce qui leur arrive. Quoi ? Leurs profs sont tous morts ? Ils n’auront plus jamais cours ? Et qu’est-ce qu’il faut faire, avec les devoirs pour la semaine prochaine ? Il faut les faire quand même ?
Ils ont du mal à se frayer un passage jusqu’au tableau, les pauvres.
Certains troisièmes, comme Tour de Contrôle notamment (quinze ans, deux mètres zéro cinq, quatre vingt treize kilos) ne leur laissent que très peu de visibilité.
Heureusement, Gilou, le plus petit de tous les plus grands du collège, il s’en fait le protecteur, des petits sixièmes :
— Oh ! Poussez-vous, bordel ! Laissez au moins passer les sixièmes devant !
Gilou est un vrai samaritain.
Les jours de grève, il faut toujours qu’il se fasse passer pour un sixième.

Moi, ce qui m’inquiète, c’est de ne pas voir le nom de la Britannique qu’ils ont importée directement de là-bas pour nous faire le soutien d’anglais.
Elle va encore nous obliger à chanter en anglais.
Elle va encore nous dire qu’elle adoooore Chris de Burgh, qu’il est beautiful, qu’il a vraiment du charm et que sa voix lui donne des vibrations de partout.
Elle va encore se ramener avec sa veste toute rouge et ses chaussures rouges et son bandeau rouge dans ses cheveux colorés en rouge, et elle va nous dire :
— Let’s listen the Lady in Red !
Je vais regarder Marina d’un air miné, et je vais recommencer à voir la vie tout en noir.



Repost 0
19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 06:30


Je publie sur coZop

Au hasard des recherches effectuées sur un moteur G que je ne citerai pas, il m'arrive parfois de tomber sur des articles de mes propres blogs. Dommage pour cet usurpateur ou usurpatrice qui se serait accaparé(e) la propriété de mes deux blogs Motus Demo et les Impatiences amoureuses !

Cela fait toujours plaisir de voir qu'il y en a qui croient plus en moi que... moi-même !



coZop est une plateforme de republication de contenus qui fédère les auteurs du web, les met en avant, leur apporte des ressources pour qu’ils puissent poursuivre leur travail et en accroître toujours plus la qualité.

50% des revenus générés par les contenus des auteurs leur sont reversés. Chaque auteur dispose d’un suivi précis de ses statistiques. Il peut choisir de reverser partie ou totalité de ses revenus à des associations, organisations humanitaires ou projets inscrits sur coZop.

Les auteurs gardent la main sur leurs contenus et leurs revenus. Cumulés sur certaines causes, ces revenus permettront de mener des projets concrets, projets pourquoi pas soutenus par les auteurs eux-mêmes : acheter un morceau de la forêt amazonienne, financer une étude sur le changement climatique, reloger des sans abri…


Côté bénéfices personnels, coZop enrichit vos articles de liens vers des articles complémentaires, il liste les auteurs qui parlent de vous, il vous présente vos lecteurs, indique les articles qu’ils viennent de lire… En parallèle de ce travail sur le contenu, coZop optimise le référencement de vos articles sur les moteurs de recherche et tente d’accroître votre lectorat.



Ce que l'on peut reprocher à CoZop, c'est de fermer un peu les yeux sur l'identification des propriétaires des sites enregistrés. En effet, un code est exigé à l'affichage d'un site UNIQUEMENT lorsque vous désirez le récupérer...
Une démarche un peu plus rigoureuse serait donc souhaitable... afin de rendre à Pierre ce qui est à Pierre, à Paul ce qui est à Paul, et à Jacques ce qui est à Jacques !

En l'occurence, rendons à Confiture et Bibi :
CONFITURE MAGAZINE
A Jepeh et Bibi ce qui leur appartient :
LES IMPATIENCES AMOUREUSES
A Bibi ce qui m'appartient (il paraît qu'on est tout juste propriétaire de son âme) :
MOTUS DEMO.

Et pour ceux qui désireraient avoir des conseils au sujet du vol de contenu, je vous invite à lire une page de chergaoui.com : 10 façons pour lutter contre le vol de contenu.


Pour rappel, les Impatiences amoureuses fait l'objet d'un copyright sous le numéro 2GEG17B de Copyright France.
Pour les autres textes divers de mon autre blog Motus Demo, un simple Copyleft a été décrété : vous pouvez citer et recopier des textes dès le moment où vous indiquez que j'en suis l'auteur, que vous ajoutez un lien pointant vers mon blog si vous diffusez sur votre site (avec accord préalable) et que vous ne faites pas de commerce avec (voilà toute la nuance entre la citation et le vol).




Repost 0
Published by BREGMAN - dans Cour de Récré
commenter cet article
31 décembre 2008 3 31 /12 /décembre /2008 18:27
L'heure des tracts publicitaires a sonné !

Charlie Bregman vous souhaite une heureuse année 2009 !

Bonne et heureuse année 2009 et merci de vous connecter de temps en temps en attendant mon grand retour car le graphique du nombre de visiteurs du blog ressemble à peu près aux courbes économiques du moment !




Repost 0
Published by BREGMAN - dans Cour de Récré
commenter cet article
24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 20:36
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Il y a un an, les profs d’italien et de latin nous avaient proposé de participer à un concours qui s’adressait à tous les collèges de France. Un concours en deux parties : une sous forme de questionnaire culturel à propos de la Rome antique, et l’autre partie sous forme de sujet de rédaction, toujours à propos de la Rome antique. Comme c’était la fin d’année et que les conseils de classe étaient déjà bien loin pour tout le monde, il n’y eut pas grand monde à vouloir participer.
Pour tout dire, dans le collège, nous avons été deux : Agnès… et moi. Entre nous soit dit : il faut être fou pour participer à un concours avec Agnès quand on sait que le prix à la clé est un voyage d’une semaine à Rome pour les vingt lauréats qui auront été désignés, mais cette folie-là, je l’ai pourtant eue, et après un an d’attentes, de reports postaux divers et variés, et de péripéties rocambolesques et insignifiantes sans nul intérêt littéraire, j’avais reçu cette lettre tant attendue, qui stipulait noir sur blanc que j’avais terminé troisième du concours, et qu’ainsi, je remportais le titre de lauréat qualifié pour le voyage à Rome qui aura lieu aux vacances de Toussaint de l’année en cours.
« Whaou ! «  j’avais fait. Voire même : « Hourra ! Je suis le meilleur, je suis le plus beau, le plus intelligent, j’ai le cul bordé de nouilles, j’ai d’ la moule, personne ne peut être plus veinard que moi ! »

Sauf que, entre les lignes, il y avait dû avoir un truc d'écrit du genre : couronnement en pleine salle d’italien, prévu en cette fin d’année, devant toute la classe et les rires stupides des autres élèves moqueurs et jaloux de ne pas pouvoir être César à la place de César.

Ou plutôt Charlie à la place de Charlie.

Et maintenant, j’étais là, grandiose et debout sur ma chaise érigée en piédestal, une couronne de lauriers à l’odeur forte sur la tête et le petit peuple moqueur et jaloux aux abois là en bas, avec toujours ce dilemme intérieur terrible qui disait : « Alors ? T’es fier, ou t’as honte ? »



— Vous l’avez cueilli tout frais, Madame ? fit une voix.
— Tout frais de ce matin !
— ça sent fort, quand même…
— ça ne va pas durer : elle va sécher, et après, elle ne sentira plus !
— Ta mère, elle cuisine, Charlie ? Tu peux cuisiner quoi, avec du laurier ?
— Putain, tu sais quoi ? Pavarotti dans son costume d’opéra, c’est rien à côté du costume qu’elle t’a taillé, la prof d’italien !
— Hé ? Elle est amoureuse de toi, ou quoi ? T’as déjà couché avec elle, la prof ?
— Arrête de la remonter, Charlie, ça fait vraiment pitié, cette couronne de lauriers ! Elle ne s’en rend pas compte, qu’elle te fout la honte ?
— Bravissimo ! Hip hip hip, hourra pour Charlie ! s’exclamait Madame Claudine, folle de joie.
Marina m’adressa un regard plein de compassion et puis, constatant que j’étais à deux doigts de me mettre à pleurer malgré l’immensité de cet exploit, elle ne put s’empêcher de faire comme tous les autres, et elle éclata de rire.

Je me saisis sans plus attendre de mon trophée, et lui attribuai généreusement :
— Tu n’aurais pas pu te forcer un peu à le faire, ce concours, au lieu de profiter du soleil, toi ?
Madame Claudine lui arracha rapidement de la tête et me l’enfonça bien profondément sur le crâne :
— Ah non ! Les honneurs, ça se respecte, Charlie ! me gronda-t-elle. Quand on a su prouver à quel point on est un grand homme, il faut savoir se comporter comme tel !

Et c’est ainsi que je finis mon année de troisième, sans avoir pu faire quoi que ce soit pour retenir Marina avec moi. Penaud, ce nouveau bonnet d’âne sur la tête, j’étais bien triste de fêter une victoire pareille.
Pavarotti, quant à lui, en toile de fond sur le petit écran, il irradiait 1989 de toute sa beauté :
— Funiculi, funicula ! chantait-il.
Chanter, chanter… « Il y en a qui en ont de bonnes » pensais-je.

Mais certains destins sont faits pour être tus, et d’autres pour se mettre à chanter, et ce que j’ignorais, tout bonnement, c’était que ces destins-là ne s’adressent parfois qu’à une seule et même personne…

Repost 0
Published by BREGMAN - dans 101. Fin damnée
commenter cet article
23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 20:51
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Le fait de prendre l’air suffit parfois à se remettre les idées en place et la tête à l’endroit. Il m’était tout aussi facile de penser que Marina était une perverse que de lui trouver des excuses. Après tout, ce film n’avait fait que mettre le feu à nos barricades d’adolescents et nos forteresses de papier. Etait-ce sa faute, à Marina, si ce film avait été projeté dans cette salle ?
Marina n’est pas une perverse : Marina est une désespérée. N’est-ce pas désespérant, de devoir vivre un grand amour comme le nôtre avec un compte à rebours greffé au beau milieu de nos étreintes ? N’est-ce pas désespérant, de subir l’exil, alors que l’on vient de trouver sa moitié ? Comment faut-il faire, pour continuer à vivre décemment, avec une rupture de logique pareille ?
Profiter de chaque moment ? Les rendre grands et les voir grandioses ?

C’est peut-être ce qu’elle s’est dit, Madame Claudine, quand elle m’a mis la couronne de lauriers sur la tête…
Il y a eu un grand moment de silence, avec des yeux écarquillés de partout et des bouches ouvertes figées comme des statues, incapables d’émettre le moindre son.
A ce moment précis de ma vie, si l’on avait pu me faire un prélèvement d’émotions, on y aurait détecté sans doute un mélange très surprenant, constitué très exactement de cinquante pour cent de bonheur, et cinquante pour cent de honte. Aucune des deux sensations, entre le bonheur et la honte, n’aurait pu prendre l’avantage sur l’autre.
Un équilibre parfait et parfaitement troublant.

Tellement troublant que le temps me sembla arrêté pour une éternité.



Peut-être même que si j’avais eu le courage d’explorer cet état de non-existence un peu plus loin, je me serais découvert des pouvoirs extraordinaires, mais il faut croire que je n’étais pas prêt car au moment où l’impression grandissante d’être le seul être vivant parmi toutes ces statues d’élèves était tout bonnement en train de me faire disparaître moi-même, quelqu’un a commencé à rigoler et tout le monde a suivi :
— Charlie est couronné empereur ! Ah ah ah !
Je n’osais même pas regarder Marina : il faut dire que j’avais l’air drôlement malin, maintenant, avec ma couronne de lauriers sur la tête et l’interdiction de l’ôter en guise de dernier devoir de bon collégien !
— Ne riez pas ! s’offusqua Madame Claudine. Vive Charlie ! Félicitations ! Bravissimo !
Elle était à mes pieds, Madame Claudine. J’aurais pu lui demander n’importe quoi, ce jour-là, et encore plus que les autres jours, j’aurais vraiment eu tout ce que j’aurais voulu, mais la part de honte m’avait déjà pétrifié à un tel point que le seul geste de survie que j’arrivais encore à effectuer, c’était remonter, de manière totalement pathétique, cette couronne qui ne cessait de me glisser sur le nez.
— Mince ! Je l’ai prévue trop large ! sembla s’excuser Madame Claudine.
— Mais non, mais non… Ne vous inquiétez pas, il suffit de ne pas trop bouger ! je lui répondis, bon prince.

Quand je pense que tout avait commencé par un vulgaire concours de collèges… Marina n’aurait-elle pas pu le faire, ce concours ? Ne pouvait-elle pas faire un effort, pour le gagner avec moi, au lieu de me laisser devenir empereur tout seul, là, et devoir partir à Rome sans elle ?


Repost 0
Published by BREGMAN - dans 101. Fin damnée
commenter cet article