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9 juin 2006 5 09 /06 /juin /2006 00:06

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

 

En plus, il n’y a pas plus excitant qu’une fille qui transpire. J’ai remarqué ça pendant les cours d’athlétisme. Les filles, quand ça fournit un effort, ça dégage une odeur de sexe, ça ne peut pas s’en empêcher. Ça retient son souffle, ça serre les poings et ça serre les jambes, mais il n’y a rien à faire : ça dégage une odeur de sexe. Ce doit être la nature. Le réveil des femelles ! Des hormones d’une moiteur torride, qui se dégagent spécialement pour nous exciter, nous, les chimpanzés ! Ça veut jouer au volley pour se prendre les seins dans les filets, servir ou réceptionner le ballon pour pousser des ahans à tout va … Oh ! Ça, vous pouvez en être sûrs : il n’y a pas plus bizarre qu’une fille sur un terrain de sport : on ne sait jamais si ça souffre ou si ça prend son pied. Sans compter que ça gémit. Ça, les gémissements, on ne peut pas s’en empêcher, quand on est une fille. Ce doit être une manière autorisée, raisonnable et suffisante, de témoigner de sa maturité sexuelle en public ; parce que, après, quand la séance est terminée, elles font toutes pareil, les filles : elles se dirigent vers la douche d’un air lascif et apaisé, presque dédaignant envers le sexe masculin, et elles disparaissent pendant une demi-heure minimum, sans que nous puissions en savoir davantage sur les détails croustillants qui manqueront toujours à notre pauvre connaissance en la matière, nous, les retardés de l’hormonal …

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 
 
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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 00:06

 

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

Bref.

A moins d’être certain que celle que tu convoites connaisse ce langage très particulier des roses et des marques de galanterie, tu éviteras donc les roses pour le moment. Lui refaire le lacet défait obtiendra à coup sûr des résultats bien meilleurs. Encore faut-il avoir toujours l’œil rivé sur ses pieds, je te l’accorde : ce qui fera de toi un véritable fétichiste de la chaussure, c’est possible. Mais il faut savoir ce que l’on veut, dans la vie. Donc, prends-moi au pied de la lettre : d’abord tu lui marches sur les pieds, et ensuite, tu lui cires les pompes !


 Cette méthode un peu rustre aura au moins eu le mérite de te faire remarquer.

 


 

 

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7 juin 2006 3 07 /06 /juin /2006 00:06

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

Après avoir salué furtivement ma mère qui, elle, balayait frénétiquement la cour en pestant contre l’existence des feuilles, de la terre et du sable, je grimpai quatre à quatre les escaliers jusqu’à ma chambre et m’enfermai à double tour pour y terminer mes devoirs au plus vite. A dix-sept heures, quand seraient arrivés Benjamin et Virginie, mon frère et ma sœur, je ne prendrais avec eux qu’un petit goûter sur le pouce, afin de pouvoir vaquer enfin à mes grandes ambitions : m’atteler à l’écriture de mon journal de bord, et en profiter pour réfléchir à comment faire pour déclarer ma flamme à Marina.

 

 

Mais le plus difficile, ce n’est pas d’aimer : c’est de trouver les mots pour le dire.

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 00:05

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 


— Adolescents, vous êtes en quête de repères, de balises, de points fixes auxquels vous vous référerez lorsque, plus tard, au sein de l’immense océan que sera votre vie, vous saurez vous raccrocher, quoi qu’il advienne. A vous de parcourir votre chemin ou bien votre traversée, car nul ne le fera à votre place. Cependant, le rôle de vos professeurs, en gros, c’est de vous fournir les bonnes chaussures, ou bien le bon radeau.

 

Il sourit, satisfait de sa métaphore, et ajouta :

— Et pour ceux qui espèrent pouvoir voler de leurs propres ailes, ce sera plus long. Car, hormis leur tendre et dévoué professeur de français, qui irait sans doute jusqu’à leur fabriquer le papier, s’il le fallait, je ne connais encore personne qui acceptera de leur fournir les plumes !

 

Et comme pour mieux souligner son jeu de mot, il brandit son vieux stylo à plumes en guise de seul et unique trophée existentiel possible.

— Quel chemin choisirez-vous, le long de votre existence ? Celui de la raison, ou bien celui de l’émotion ?

 

 

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5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 00:05

 

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

— Et oui ! s’exclama-t-il. Je suis votre professeur de français, et je suis en train de vous avouer que je ne suis pas un passionné de la rédaction française ! Mais ne soyez pas déçus : vos professeurs sont préparés à vous transmettre tout ce qu’ils savent, et ils n’ont pas d’autre vocation que de vous voir les dépasser ! Votre professeur de physique n’est pas Einstein, et je ne suis ni Molière, ni Baudelaire. Même votre professeur de gym n’a jamais été un athlète. C’est cela, l’éducation nationale ! Si vous voulez avoir de grands professeurs, il vous faudra d’abord vous en montrer dignes ! Ici, nous ne vous enseignerons rien de plus que l’immuabilité des règles d’orthographe et de grammaire ! Pour la virtuosité, n’espérez rien de nous ! Le bon professeur, c’est celui qui saura apprécier vos aptitudes à leur juste valeur ! C’est celui qui vous mettra le pied à l’étrier … Mais après, alea jacta est ! Le sort en est jeté, et c’est à vous de jouer !


Il tira vers lui la chaise de son bureau, et, toujours debout, s’appuya contre le dossier.

Des questions ?

 

 

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2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

— Monsieur ?
— Oui ?
— Vous dites qu’il ne faut pas lâcher la perche, mais si l’on vous écoute, on ne saura jamais nager ! Peut-être faut-il savoir s’en détacher, du sujet, pour espérer être à l’aise avec les mots, non ?
Le professeur eut un petit sourire complaisant. Marina n’avait pas tort, et elle savait de quoi elle parlait, puisqu’elle faisait partie d’un club de natation.
— C’est une remarque pertinente. La perche, elle est là pour rassurer les débutants, pour leur donner confiance en eux. C’est au moment où vous vous décidez à lâcher la perche, que vous commencez à savoir nager. Mais, comme je vous l’ai dit, il n’y a pas de Balzac ici. Du moins, pas cette fois-ci, ou plutôt, pas encore … Certains ont du talent, et d’autres, moins, mais tous, vous avez encore besoin de la perche. La preuve : la perche que je vous ai tendue, cette fois-ci, était tellement énorme que personne n’a osé se jeter à l’eau ! De quoi aviez-vous peur ? De boire la tasse ? C’est en se confrontant à ses émotions, que l’on se fait adulte ! Le but du devoir, c’était de vous confronter à vos limites. Or, avant d’espérer les dépasser, les limites, il faut d’abord oser s’y aventurer, les explorer ! Ce n’est pas en restant au bord de la piscine, que vous le remontrez hors de l’eau, le mannequin noyé de vos véritables émotions ! … Je vais vous faire une confidence : les rédactions, la littérature, tout ça, ça ne sert à rien. Ce qui sert à quelque chose, c’est d’exister !
Il se redressa la posture, monta sur l’estrade et posa ses copies sur son bureau. Il s’avança vers le tableau, et grava : « La littérature sert à exister. La littérature, c’est l’alcool de l’âme, et l’essence de nos êtres. »
 
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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 
— Ne riez pas trop, les autres ! Des copies sur la honte, j’en ai d’autres, et croyez-moi qu’il n’y a pas de quoi en être fier ! … Ah ! L’on franchit un cap. Que dis-je, un cap ? Une péninsule ! François : six sur vingt. Vous êtes douze, à avoir obtenu six. J’aurais préféré le contraire, mais que voulez-vous, je n’ai pas retrouvé suffisamment de restes de chips dans vos copies pour avoir envie de vous mettre plus ! … Charlie …
 
Mon cœur sursauta. Moi ?
 
— Charlie : six. Ce n’est pas votre truc, les émotions ? Décidément, soit vous êtes trop pudique, soit vous êtes un légume ! J’aurais préféré, d’ailleurs, obtenir de vous la description d’un légume, plutôt que ceci, par exemple : « Privé de tarte aux pommes, je ressentais une abominable colère. Je quittai la table poliment, et allais m’enfermer dans ma chambre. »
 
Toute la classe se moqua amplement de moi. J’étais sidéré.
J’étais vert, et rouge de honte, je me mis d’ailleurs à sourire jaune.
 

 

 

 

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31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

— Monsieur Laurent : deux sur vingt … parce que je suis très indulgent envers ceux qui ne savent pas exploiter leurs véritables capacités intellectuelles ! Pour votre information, je veux bien croire que vous êtes tétanisé devant un match de foot qui tourne mal, mais de là à me faire l’apologie du suspens comme émotion suprême … Le suspens n’est pas le résultat, mais la cause, jeune homme. Vous confondez encore cause et conséquence, à votre grande habitude et à mon plus grand désarroi, d’ailleurs. Sachez également que votre relecture rigoureuse, au lieu de se faire censure, aurait mieux fait de s’afférer à la correction des fautes d’orthographe ! Peur ne s’écrit pas avec un e, par exemple ! Vous me ferez le plaisir de réviser vos règles d’orthographe pour la prochaine fois. Merci d’avance !
Les rictus fusèrent de toute part, mais, en réalité, nous ne faisions pas les malins. Chacun essayait de se remémorer : de quoi ai-je parlé, déjà ? Ai-je commis des fautes d’orthographe inexcusables ? Ai-je été à ce point médiocre ?

 

 

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30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


Aïe, aïe, aïe ! Comment s’en sont-ils sortis, les autres ? C’était quoi, leur secret ?
Mon oncle Paul, le grand autiste de la famille, il a réussi à surmonter ça, lui ? Marié, père de trois enfants ? Je rêve, ce n’est pas possible ! Et Lucien ? C’est encore pire. Le genre de mec que tu te dis que si une femme le touche, il est capable de lui mettre un coup de boule sans faire exprès tellement que ça le rend nerveux.
Et mon père ? Comment il a fait, pour cueillir ma mère ?
En plus, je n’ai pas de chance, parce que ce n’est pas le moment de lui en parler, de sa rencontre avec Maman, parce qu’ils ne font que s’engueuler, en ce moment.
 
Je suis vraiment livré à moi-même, dans cette jungle de mes quinze ans ! Il ne faut pas être un intellectuel, il faut être le premier en classe, il ne faut pas trop draguer les filles parce que tes résultats scolaires vont chuter, il faut se méfier de celles qui te draguent parce que c’est pour ton argent … Et maintenant que je suis prêt à prendre la plus grande résolution de ma vie (n’en aimer qu’une, ne me dites pas que c’est naturel, quand même, bon sang !), eh ben, voilà, personne sur qui compter !
Les seuls qui pourraient m’aider, ce sont encore mes potes. Mais, manque de pot, ils ne sont pas plus avancés que moi, les pauvres.

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 11:00

 

[Marina, cet après-midi, a dit de moi, d’un air tellement sérieux que ça m’a empêché de prendre ça pour un compliment, que je me comportais vraiment comme un tombeur.]
 
J’étais en grande discussion avec Marylou, car je ne voulais pas croire qu’elle était une vraie blonde. En général, je trouve que les vraies blondes, avec les yeux bleus, elles ne sont pas belles. Mais Marylou, ça l’a tout de suite interpellée, cet a priori. Elle est alors montée sur ses grands chevaux pour me dire :
— Je te jure : je suis vraiment blonde ! D’ailleurs, regarde bien, a-t-elle ordonné en me pointant directement dans le nez ses cheveux qui sentent le shampooing à la pomme : tu vois des racines plus sombres, quelque part ?
J’ai tenté d’inspecter les parties en question, malgré le fait qu’elle s’avançait toujours un peu plus près de moi à chaque fois que j’essayais de prendre un peu de recul pour y voir plus clair, et, ma foi, je fus bien obligé de constater que non. Alors j’ai dit :
— Tu sais que tu es la première vraie blonde aux yeux bleus que je trouve attirante ?
Ça l’a rassurée, Marylou. Elle a souri, et m’a alors adressé le plus joli regard qu’elle ne m’avait encore jamais adressé. J’ai alors ajouté :
— Mais je n’en reviens vraiment pas ! En général, je ne sais pas pourquoi, il y a toujours quelque chose qui me choque, chez les vraies blondes aux yeux bleus, quelque chose que je ne trouve pas beau …
Alors elle s’est à nouveau rapprochée de moi, et puis, comme pour me valider discrètement mon scepticisme, elle me confia, comme si cela constituait le seul petit secret d’une recette dont elle était l’unique réussite :
— Par contre, mes yeux, si tu les regardes bien, ils ne sont pas vraiment bleus : ils sont gris vert !
Et c’est à ce moment-là que Marina, qui n’a jamais la langue dans sa poche, et qui n’avait bien sûr pas manqué le moindre détail de la scène, a dit, un large sourire en coin :
— Ah là là, celui-là ! … Quel tombeur ! …

 

 

 

Natacha a ajouté :
— Il a vraiment la libido trop développée !
J’ai haussé les épaules, vexé de ne pas savoir ce qu’est la libido, et puis ça a sonné.
Plus tard, vers seize heures, tandis que l’on faisait des tours de cour (il n’est, je l’espère, pas nécessaire de préciser que le tour de cour, réalisé non pas en courant, mais en marchant, demeure la distraction favorite de tous les collégiens qui ne savent pas quoi faire de leurs récréations), j’ai demandé à Marina ce qu’est, précisément, la libido. En guise de démonstration, elle a saisi Clémentine par le bras, et elle lui a dit :
— C’est bien simple : il les allume toutes ! Toutes, toutes, toutes ! On pourrait encore imaginer qu’il les sélectionne, qu’il les trie, qu’il leur fait subir des tests, mais non … Pas du tout ! Il les allume vraiment toutes ! Il y a déjà eu Ninie, Christelle, Marylou, Sylvie, Sophie, Natacha, Agnès, Anne-Céline, moi, et j’en passe des vertes et des moins mûres …
Et puis, elle m’a jeté un petit regard en biais, comme pour évaluer ma réaction, et elle a fait :
— Et puis, quand il les a allumées, après, … il les entretient ! Car c’est un peu comme le feu, si tu veux : pour garder la flamme, il faut l’entretenir …
 
Alors ce soir, tout en écrivant ces lignes, je n’arrête pas de repenser à ce que Marina a dit de moi, et puis je me dis que cela ne peut plus durer. Il faut que je fasse des sacrifices. Il faut que j’en choisisse une et une seule, et que je la garde jusqu’au bout, une fois pour toutes.
Il faut avoir le courage de ses opinions, dans la vie. Avoir l’audace d’assumer, et le culot de ne pas se tromper de choix.
Or, pour cela, il n’y a, hélas, et malgré les terribles difficultés que cela implique, qu’une seule chose à faire : il faut choisir la meilleure !
 
Ce sera donc Marina.
 
Et finalement, elle va peut-être bien le devenir, le centre du monde …
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