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2 mai 2006 2 02 /05 /mai /2006 00:02

Maternelles sempiternelles (chapitre 1 épisode 2)

[Vous ne voyez pas ?]

 

Allons droit au but : la maternelle, vous vous en moquez, non ? Les doigts pleins de feutres, la pâte à modeler, les comptines à chantonner, les bancs en bois aussi durs que ceux de la messe du dimanche, tout ça, franchement, ça pourrait peut-être faire un bon livre plein de souvenirs et de nostalgie, mais de là à en écrire un livre divertissant et plein d’humour …

Non, non. C’est ce que je pensais. Cela ne vous intéresse pas des masses, et c’est tant mieux.

L’école primaire, la sixième, la cinquième, la quatrième, tout ça, c’est pareil ? C’est un peu rébarbatif, non ? Les leçons de grammaire, les verbes à conjuguer à tous les temps, l’arithmétique, les problèmes insolubles des baignoires qu’il faut remplir avec deux seaux, dont un qui se remplit deux fois plus lentement que l’autre, les leçons d’histoire, la première guerre mondiale, la seconde, qui était contre qui, la géographie, dessiner les cartes de France à l’aide du contour en plastique, ne pas oublier de situer les fleuves, les chaînes de montagnes, les massifs les plus élevés, leur altitude au centimètre près, le nom des mers et des océans qui nous cernent de toutes parts, tourner la page du manuel pour apprendre tous les pays d’Afrique par cœur, sortir le cahier bleu pour recopier les leçons, le cahier rouge pour les compositions, le cahier vert pour les poésies, faire le Cancre de Jacques Prévert, réciter l’Oiseau de Blaise Cendrars, prendre les craies de couleur et monter sur l’estrade, souligner le verbe en rouge, le sujet en jaune, le complément d’objet direct en bleu, le complément d’objet indirect en pointillés, les compléments circonstanciels en vert, remarquer les prépositions, les pronoms relatifs, les subordonnées relatives, les adjectifs épithètes, les adjectifs qualificatifs, les verbes pronominaux, les pronoms réfléchis, les pronoms personnels, les conjonctions de coordination, les adverbes, noter le genre et le nombre de tous les noms, donner à l’oral leur féminin, leur pluriel, transposer la phrase à l’imparfait de l’indicatif, au futur, réciter un peu de subjonctif imparfait, accorder le participe passé quand le complément d’objet direct est placé avant lui, ne pas toujours le faire parce qu’il y a des pièges, rechercher des synonymes à tous les mots, prouver que l’on connaît bien ses règles d’orthographe sur le bout des doigts, réciter les exceptions, se saisir de la brosse pour mettre enfin un peu d’ordre dans tout ce bric-à-brac inextricable, …

Cartable d'école

… hurler de joie à la libération de la cloche, enfiler les maillots rouges pour les tours d’endurance, les bleus ou les jaunes pour le handball, les jaunes ou les bleus pour le foot, bien réceptionner les ballons, ne pas faire la passe à l’adversaire, essayer de marquer un but de temps en temps, éviter d’être à la place du goal quand on porte des lunettes, faire semblant de courir quand on a les pieds plats, manger des pâtes la veille des épreuves qui vont être soumises à la notation, manger léger quand il s’agit de saut en hauteur, prévoir le bonnet de silicone pour la piscine, la grande serviette pour la pudeur, ne pas se faufiler dans le vestiaire des garçons lorsqu’on est une fille, ne pas essayer de voir ce qu’il se passe de l’autre côté des cloisons hautes lorsqu’on est un garçon, ne pas oublier de prendre son goûter, préparer son cartable le soir avant de se coucher, mettre le réveil à six heures et demie du matin, s’habiller rapidement pour ouvrir tout grand les volets de la maison, mettre la table et préparer le petit déjeuner, mettre la bouilloire sur le feu, réveiller sa mère qui ne sera décidément jamais du matin, bousculer du coude le frangin qui s’étale sur toute la largeur de la table, ne pas laisser des miettes de pain sur la plaque de beurre, ne pas mélanger les cuillères des confitures, continuer à ingurgiter docilement les tablettes de phosphore que maman a achetées pour remédier à la dernière mauvaise note du devoir d’histoire, ne pas renverser son bol de chocolat chaud sur les genoux de la petite sœur qui vient d’arriver, ne pas contrarier maman quand il est l’heure de partir, se dépêcher pour ne pas être en retard, aller chercher un mot d’excuse chez le directeur au cas où cela n’a vraiment pas été possible, frapper avant d’entrer dans la classe, dire bonjour à la maîtresse et lui demander pardon pour le petit incident qui ne se reproduira plus, ne pas faire celui qui ne savait pas que c’était le jour de la visite de l’inspecteur académique, ne pas mâchouiller de chewing-gum en classe, ne pas mâchouiller de chewing-gum en classe, ne pas mâchouiller de chewing-gum en classe (plus que quarante sept fois, courage !), apporter ses pantoufles en hiver, ne pas lancer de boules de neige sur ses petits camarades pendant la récréation …

 

C’est interminable, les souvenirs, n’est-ce pas ?

 

 

[tourner la page vers l'épisode 3 du chapitre 1]

 

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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 01. Le petit monde de Charlie
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1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 00:01

L'auteur de ce blog a de la production en stock, mais théoriquement, tout ce qui sort sur ce blog fait partie du meilleur ! Si, si :)

J'ai bientôt trente-deux ans, je suis en train de devenir chauve,

J’ai quinze ans. 

Nous sommes en 1989, une époque à laquelle le langage sms et les blogs n’existent pas. Quand on veut savoir où se trouve un copain, on demande à un autre copain s’il ne l’a pas vu et, ainsi, de fil en aiguille, on arrive à se regrouper comme des héros au beau milieu de la cour ou sous les préaux. Quand on veut se montrer des photos, on s’invite à la maison et on rigole comme des cons. Quand une photo nous plaît vraiment, on ne se l’envoie pas par mail : on la fait tirer en double exemplaire et on se partage la note.

1989. Une époque moderne, très moderne, avec des ordinateurs gros comme des meubles télé, et des jeux vidéo sur cassette à bande magnétique ou sur disquette 5 pouces ¼ : des disquettes que si tu en reçois une par courrier, tu crois que c’est une carte d’anniversaire !

J’ai quinze ans, donc. Un âge où tu as toutes tes dents et tous tes cheveux.

 

 

 Attention ! Chute de cheveux !

Ce soir, j’ai décidé d’écrire un livre, ou de vous raconter une histoire, si vous préférez, mais comme je n’ai pas trop d’expérience en la matière, je vais devoir m’appuyer sur ma vie réelle, pour que cela ne vous paraisse pas trop exagéré ou farfelu. Et comme ma vie réelle, c’est avant tout ma vie de petit collégien, vous vous doutez bien que je ne vais pas vous parler ni de la vie des autistes dans la Rome antique, ni du terrible naufrage du Titanic.

 

Evidemment, je vous entends d’ici : il y en a qui vont dire que la scolarité, ça n’a jamais fait un bon sujet et de bons intéressés. Mais là, je ne suis pas d’accord, et même pas d’accord du tout. Ou alors, c’est que vous ne connaissez pas le Petit Nicolas ! Moi, je pense que c’est même à l’école, que l’on a les plus belles années à vivre.

Certes, les professeurs, ce ne sont pas toujours des cadeaux, et ça, j’en suis bien conscient : donc, j’essayerai de ne pas trop vous parler des professeurs, ou alors seulement pour rigoler, et pas trop souvent quand même, parce que nous nous moquons déjà bien assez souvent d’eux en classe, et ce ne serait pas très correct, de notre part, de remettre ça le soir, bien à l’abri de leurs regards. L’architecture des écoles, c’est rarement du neuf, et il faut même reconnaître que mon collège aurait sacrément besoin d’un bon coup de rafraîchissement : on n’en parlera donc pas non plus. Et puis, le contenu des cours proprement dit, on partira du principe que vous le connaissez déjà tous par cœur, comme ça, cela simplifiera le problème.

Donc, pas de cours de maths, pas de rappel de dates d’histoire, pas d’interrogation surprise, pas d’exercices à faire … Ça s’annonce plutôt cool, non ?

En fait, il ne reste pas grand-chose, et vous avez bien raison de me le faire remarquer. Mais ce que vous ne voulez pas regarder en face, ce qui crève les yeux, pourtant, c’est que, ce qui reste, c’est justement le plus intéressant !

 

 

Vous ne voyez pas ?

 

 

 

 

[tourner la page vers l'épisode 2 du chapitre 1]

 

 

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26 avril 2006 3 26 /04 /avril /2006 17:07

Charlie a quinze ans.

 

Son obsession, sortir avec la belle et très convoitée Marina, s’accompagne décidément de tous les affres les plus risibles de l’adolescence : des angoisses les plus terrifiantes liées à ses boutons d’acné ou à son maudit pucelage, jusqu'à l’appareil dentaire qui lui ficelle le sourire et l’embrassade, en passant par ses muscles, désespérément trop frêles, ou par sa timidité maladive, surtout face au combiné téléphonique !

 

Fils aîné d’une famille exigeante, directive, et peu ouverte au dialogue, Charlie doit faire face tout seul aux premières questions pratiques ou existentielles qui l’assaillent.

 

Tous les stratagèmes inimaginables seront mis en œuvre pour parvenir au premier baiser tant convoité.

 

De la maladresse à la provocation, de la rêverie au délire, Charlie vous transmettra le goût nostalgique de ces impatiences très particulières que sont les impatiences amoureuses.

 

 

Ce blog correspond à la nouvelle version d'un manuscrit de Charlie Bregman, d'inspiration d'abord autobiographique, puis finalement tellement "revu et corrigé" que le terme "roman" paraît maintenant beaucoup plus appropriée.

Ecrire, n'est-ce pas vivre deux, trois, cinq, ou mille fois ?

26 Avril 2006 : création du blog des Impatiences Amoureuses

 

 

 

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25 avril 2006 2 25 /04 /avril /2006 22:50

 

Illustration de JEPEH

 

 

 

J’avais quasiment quinze ans.

Victor, mon père, obtenait tous les ans, en guise d’étrennes, des agendas énormes dont il ne savait que faire. Certains arboraient des couvertures en cuir qui les faisait ressembler à s’y méprendre à de vrais ouvrages de littérature, sauf que le contenu, lui, restait vierge et intact de toute imagination : mis à part la succession sans suspens des dates les unes après les autres, rien n’avait été décidé, et rien n’avait été encore imaginé.

Mon père, comptable, trouvait sans doute ces grandes lignes vides, un peu trop longues à son goût. De plus, manipuler les calculs comme il avait coutume de le faire exigeait de lui une rigueur si stricte qu’il lui fallait absolument des cahiers spéciaux, capables d’arborer côte à côte des dizaines de colonnes de chiffres, qui devaient finalement constituer un code secret qu’il serait probablement le seul à pouvoir déchiffrer.

Aussi, les agendas en question, à défaut de pouvoir terminer tels quels au fond d’une corbeille à papier, finissaient toujours entre les mains de mon frère Benjamin et moi. Virginie, notre sœur, plus petite, héritait systématiquement d’un rejeton : un agenda hybride et périmé, sur lequel elle s’exerçait au gribouillage traditionnel aux feutres indélébiles.

 

Mais les emplois du temps de mon frère et moi, vides de tout contact et de tout rendez-vous, étaient bien incapables de s’attaquer à de tels monuments de l’organisation quotidienne. D’années en années, les agendas s’accumulaient donc sur le coin de nos bureaux respectifs, comme autant de défis lancés à nos personnalités idéalistes en cours d’élaboration.

 

Nous avions coutume de décréter que celui qui avait la couverture la plus lisse et la couleur la plus excentrique remportait la palme du plus disgracieux. Il y en avait des verts, des bleus turquoise et même des roses, qui nous servaient alors de réservoirs illimités à papiers brouillons.

Cependant, malgré les problèmes d’arithmétique de plus en plus difficiles, le stock de brouillon ne désemplissait pas, et nous devions alors sacrifier la majeure partie de ces volumes trop épais à l’essayage de nos vieux feutres et stylos.

 

Mais les autres agendas, les plus beaux, les plus précieux ? N’existaient-ils pas pour que l’on y entrepose nos trésors ?

une belle tête de vainqueur !

Je me souviens d’abord avoir passé des samedis entiers à découper tous les reportages des magazines qui me tombaient sous la main et qui concernaient les animaux. Un album était né : celui des « Zanimos ». Je connaissais tout : de l’ibis rouge de Guyane au maki mococo de Madagascar, en passant par la ganta cata et l’outarde barbue, le lézard vert et le phoque à capuchon, l’élan orignal et le castor ! Le saint-bernard et le labrador n’avaient pour moi plus aucun secret, tout comme l’épagneul breton et le briard, d’ailleurs. Je savais que le nasique est un voisin des semnopithèques, et que le dauphin vit en moyenne une trentaine d’années ; que l’homme peut atteindre une vitesse de trente sept kilomètres heure aux cent mètres, mais qu’il peut se recoucher devant le record olympique du guépard, atteignant parfois jusqu’à cent vingt kilomètres heure sur trois cents mètres. Une mouche vole à sept kilomètres heure, tandis qu’un taon à cinquante, un choucas vole à six mille quatre cents mètres, tandis qu’une oie cendrée à huit mille cent cinquante ! Une grenouille sud-africaine peut faire des bonds de plus de quatre mètres, et un kangourou gris, lui, des sauts en longueur de plus de treize mètres ! Un thon rouge nage à soixante dix kilomètres heure, et une baleine, à seulement dix-sept ! Un phoque plonge à six cents mètres de profondeur, et un cachalot à mille quatre cents. Un chien peut plonger et retenir sa respiration quatre minutes, tandis que la tortue verte s’immerge pour six heures d’affilée…

C’était passionnant et puis, surtout, très encourageant, car un agenda pouvait passer de la pile d’attente du bureau, aux étagères sacrées de la bibliothèque !

 

 

Ne compte pas sur Charlie Bregman pour te faire compter les moutons !

Ensuite, ce fut ma période bandes dessinées. Chaque samedi, en début d’après-midi, immédiatement après le brossage de dents, mon frère et moi nous attelions à ce qui était devenu notre occupation hebdomadaire préférée : le découpage du magazine télé. Il récupérait des photos d’acteurs comiques, ainsi que les résumés de leurs films, tandis que je m’emparais des gags de Boule et Bill, archivés en fin de programme, ou encore des nouvelles histoires de Lucky Luke.

 

Un nouvel album naissait. D’un côté comme de l’autre.

 

Mais, malgré tous nos efforts et notre bonne volonté à leur imaginer une reconversion, à tous ces agendas de plus en plus périmés, il nous en restait toujours un sur la touche. Et c’était le plus beau, bien sûr : celui à la couverture en cuir respectable, aux feuilles de papier glacé et au marque-page en tissu bordeaux !

Mon frère, encore plus perfectionniste que moi, avait dû prendre la décision de conserver le sien intact ad vitam eternam, vierge de toute rature, sans doute en hommage à l’immaculée décision.

Bregman essaie aussi de laisser sa trace sur le net ...

Moi, j’avais décidé, un beau jour, d’utiliser le mien en guise de journal de bord. Non pas en guise de journal intime, car les journaux intimes sont des trucs de nanas, des espèces de coffres à secrets qui n’ont de valeur que si l’on veut bien les utiliser pour se moquer d’elles. Non : le mien serait un « journal de bord » ! Une sorte de journal au long cours, si vous préférez, un journal de capitaine, quoi ! Une espèce de longue accumulation des événements essentiels ou même imaginaires, survenus au jour le jour.

Bref, ce serait quelque chose de sérieux, quelque chose de précieux, quelque chose d’essentiel. Quelque chose dont on ne se moquerait pas.

Et pour cela, il ne lui fallait, bien sûr, pas une seule rature.

 

 

C’est ainsi que je naquis, un jour de ma quinzième année, sans savoir que cette décision-là allait sans doute influencer tout le reste de mon existence …

 

 

 

 

Charlie Bregman, le 26 avril 2006 (1),

c'est-à-dire "quelques" années plus tard ...

 

 

 

Rendez-vous lundi pour la mise en ligne du premier épisode !

A bientôt !

 

 

 

 

[Tourner la page vers l'épisode 1 du chapitre 1]

 

 

 

(1) Et 5 ans "encore" plus tard… le roman sort en version papier !!!

Vivement l'amour, le premier roman de Charlie Bregman.


 

 

 

 

 

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Published by charliebregman - dans Introduction
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25 avril 2006 2 25 /04 /avril /2006 22:28

 

 

JEPEH : Comédien professionnel, il passe son temps à brûler les planches des théâtres de France et de Navarre.

Le reste du temps, il dessine.

 

CHARLIE BREGMAN : Employé dans une petite agence d'architecture, il passe son temps à rendre habitable et constructif le fruit des élucubrations mentales de ses supérieurs.

Le reste du temps, il écrit.

 

 

 

 

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Published by charliebregman - dans Rentrée des classes
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