Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Conciergerie

 

ajouter-au-panier.png

 

 

Couloirs

Heures de colle

avatar

Tableau D'affichage

16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 00:02
La relativité des choses (chapitre 2 épisode 5)
 
 
 
[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

Schtroumpf alors !

Finalement, on m’entraînera de force vers un dépistage d’alcoolémie qui ne servira à rien. On me demandera si je me sens bien. On s’inquiétera de mon avenir, on s’informera de mes antécédents, on me conseillera un psychiatre très réputé, et l’on me fera donner mon approbation sur l’éventualité d’un internement en maison de repos …
 
Et puis, enfin relâché, en pleine nuit et en plein hiver, livré à une autonomie sans domicile ni relation, je n’aurai alors d’autre solution de survivre que de me servir de mes lamentables écrits comme éphémères combustibles.
 
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

 

 

 

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 02. Le travail des écrivains
commenter cet article
15 mai 2006 1 15 /05 /mai /2006 00:02
 
 
 
 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

C’est pourquoi, à mon avis, rien ne peut constituer meilleur havre de méditation qu’un immense échec commercial (si ce n’est un refus directement opéré de la part de la maison d’édition, sous forme de lettre d’insulte ou de dépôt de plainte en gendarmerie, par exemple), avec un ouvrage tiré en bon nombre d’exemplaires qui finiront, de la main de l’éditeur lui-même, dans les bennes de récupération des vieux papiers à recycler. Une petite publication à compte d’auteur serait même la cerise sur le gâteau. Endetté, je n’aurais plus qu’à racheter moi-même les tirages déjà effectués, m’attirant ainsi la soudaine sympathie d’un éditeur jusque là toujours distant vis-à-vis de mon talent, puis finalement très honoré d’avoir fait ma connaissance, et même complètement impatient, comme par hasard, de pouvoir refaire affaire avec le chic type que je serai tout-à-coup devenu à ses yeux.
 
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 02. Le travail des écrivains
commenter cet article
12 mai 2006 5 12 /05 /mai /2006 00:08

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

 En plus, la patience possède l’avantage non négligeable de plonger les gens dans une intransigeante humilité.

 Rien n’est plus souhaitable, pour un jeune homme pressé comme moi, que d’avoir à passer incognito pendant quelques années : une reconnaissance prématurée m’empêcherait de me développer la personnalité de manière correcte. Bourré d’orgueil, je deviendrais d’abord distant avec mes proches, agressif avec des connaissances que je qualifierais tout-à-coup de jalouses et intéressées, puis en viendrais inévitablement à limiter le cercle de mes fréquentations à une espèce de gratin choisi, constitué de tous ceux qu’il serait honorable de fréquenter, et m’interdirais, de façon grossière et implicite, le moindre sentiment de sympathie envers les gens de basse cour, dont les métiers, bien que nobles et indispensables à la bonne marche de toute notre société, m’apparaîtraient soudainement comme étant la représentation la plus élaborée du summum de la vulgarité et du mauvais goût.

 Comment, ça, « il est où, déjà, le verbe de sa phrase ? »

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

 

 

 

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 02. Le travail des écrivains
commenter cet article
11 mai 2006 4 11 /05 /mai /2006 00:02

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 


 

 

 

 Pour le vocabulaire, par contre, il faut reconnaître que je ne suis pas très au point. J’ai beau essayer d’enrichir ma collection de mots à chaque lecture un peu hétéroclite que je peux faire, ça ne fonctionne pas : mon vocabulaire est pauvre. Une langue de cinq cents mots, à tout casser. Disons six cents, histoire de faire preuve d’un minimum de condescendance. Six cents, mais sans doute pas un de plus.

 Lorsque l’on sait que le petit dictionnaire illustré, qui me sert de béquille verbale, contient soixante et onze mille articles à lui tout seul, forcément, là, si ces écrits se publient un jour, je ne pourrai que passer pour un gigolo du monde de l’édition, quelqu’un qui n’a pas d’autres moyens que de se laisser entretenir par de plus grosses pointures qui, elles, n’auront plus rien à prouver, et cela depuis longtemps. Mon ouvrage aura quelque chose de hideux, parmi tous les autres. Quelque chose de vulgaire, de puant, qui plongera tous les libraires les plus courageux dans un état de catalepsie si profonde qu’il fera virevolter d’épouvante ce qui aurait probablement pu constituer la meilleure clientèle de la journée.

 Je ferai donc des efforts de vocabulaire. Pour abréger les souffrances de tous ces gens-là.

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

 

 

 

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 02. Le travail des écrivains
commenter cet article
10 mai 2006 3 10 /05 /mai /2006 00:07

 

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

 

 

 


 

Il faut donc que je vous fasse une confidence, sur-le-champ, pour éviter que vous soyez déçus : parfois, ce que j’écris n’a plus grand-chose à voir avec l’école ; mais, entre nous, est-ce vraiment important ? Pour le moment, je suis tout seul, la balle est dans mon camp. Vous, vous êtes chez vous, bien chauffés, bien nourris, confortablement installés et puis tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Vous n’êtes pas en train de vous soucier d’un pauvre collégien qui, secrètement, dans son coin, à la lueur de la bougie ou au clair de lune, qui sait, s’entête à vouloir retranscrire l’essentiel des choses éphémères de la vie !

 

 Parce que c’est éphémère, la vie. C’est fait d’instants précis, bien raccommodés les uns aux autres, mais volatiles malgré tout. Plus l’accumulation s’effectue, plus la mémoire prend des raccourcis : elle enjolive alors les points les plus importants à relier, et en oublie tous ceux qui ne valaient pas un clou …

 


(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

 

 

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 02. Le travail des écrivains
commenter cet article