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Conciergerie

 

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Couloirs

Heures de colle

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23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 00:03

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

 
 
« Article premier : ton père et ta mère sont tes tuteurs. Tu leur dois respect et soumission, sans quoi ton avenir empruntera les chemins les plus sinueux et calamiteux de la vie, tel l’arbre fainéant et immature se frayant maladroitement un chemin vers le ciel, et croulant de lui-même vers ses penchants naturels les plus vils et bas.
« Article deuxième : ton père est indestructible. Il est le chef de la famille.
« Article troisième : ta mère t’a mis au monde dans d’atroces souffrances, petit ingrat. Elle est donc nommée vice chef de famille, et tu as intérêt à tout manger ce qu’elle te donne, même si ce n’est pas bon.
« Article quatrième : tout individu raisonnable et bien pensant n’ayant pas encore soufflé les bougies de ses dix-huit ans demeure avant tout un enfant. Par conséquent, cet individu-là, qu’il soit rebelle ou malléable, se pliera donc de gré ou de force aux règles strictes imposées par l’autorité susnommée.
 « Article cinquième : du point de vue légal, ton père et ta mère sont responsables de toi, que tu aies toute ta tête ou toutes tes dents. Il est donc complètement immature, de ta part, d’imaginer pouvoir, ne serait-ce qu’un instant, te soustraire à leur autorité. Quand grandiras-tu, putain de bordel de merde ? On ne fait pas des enfants pour les voir rester aussi cons aussi longtemps.
« Article sixième : un entourage de proches a été discrètement constitué afin de veiller étroitement à la bonne application des principes de la présente Constitution.
« Article septième et dernier : lave-toi les mains, brosse-toi les dents, range-moi donc ces légos et file te coucher ! »

 

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 03. Le climat familial
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22 mai 2006 1 22 /05 /mai /2006 00:03
 
[Où est-elle, que je me venge ?]
 
Ma mère est une femme simple. Employée de banque jusqu’à ma naissance, elle avait pris la décision de tout abandonner au profit de son rôle de mère au foyer. Les remises de chèque, les petites et les grosses coupures, les rendus de monnaie et les numéros de comptes, la bourse et le CAC quarante : tout cela était terminé. Elle avait tourné la page, et ce, pour un monde meilleur : les biberons, les pleurs, les petits pots, les couches et les maladies infantiles.
Elle ne serait plus jugée sur ses rapports avec la clientèle, mais tout simplement sur son grand rôle ingrat de mère.
Voilà donc pourquoi son angoisse la plus tenace a toujours été d’avoir des enfants capricieux, colériques et mal élevés : car ce serait bel et bien au caractère de sa progéniture que l’on apprécierait, plus tard, à l’heure des grands bilans et des terribles verdicts, la réelle valeur de son nouveau travail à temps plein.
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
 
 

 

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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 03. Le climat familial
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19 mai 2006 5 19 /05 /mai /2006 00:03

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

  

 

Elle est imprévisible.

  

Un jour, il faut être le premier de la classe ; l’autre jour, il faut à tout prix éviter de finir intellectuel ! Et toi, pauvre radeau qui vogue au rythme des soubresauts du Père éternel, tu seras gentil de te contenter de garder le cap de tes ambitions, si cela n’est pas trop te demander !

 

Fais comme tu le sens : obéis ou désobéis, selon ton humeur, selon le courant de pensée auquel tu as envie de te référer, mais, de grâce, ne t’arrête pas de ramer, et rame si possible dans le bon sens, car n’oublie pas qu’il ne te sera jamais toléré le moindre virement de bord !

 Que faire ? Obéir d’abord, pour avoir désobéi dans les règles du jeu ?

 Ou bien désobéir tout de suite, afin de gagner du temps ?

 

 Je devrais lui parler, me confronter à lui.

 

 Mais c’est chose impossible : il me ridiculiserait, élèverait la voix et m’enverrait peut-être me coucher sans dessert ! Il est le chef de famille. Vous rendez-vous compte de ce que cela signifie ? Ça ne se discute pas, un statut pareil ! Surtout pas à quinze ans ! Lorsque tu es mineur, tout ce que tu peux penser, ou bien élaborer, se range systématiquement du côté de la pensée mineure. Tout comme l’on peut distinguer, par exemple, l’art majeur, d’une part, et l’art mineur, d’autre part. Alors je me tais, et j’écris.

 

 L’écriture, c’est le prolongement de ma chambre trop petite. C’est la porte ouverte sur le monde. C’est la permission de minuit nuit et jour, vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Plus d’autorité subie. Plus de règlement auquel se soumettre. La liberté !

 Ni dieu ni maître !

A un tel point que, après quelques pages d’écriture, emporté par l’élan de la liberté totale, je ne peux contenir quelques tentatives de rébellion bien réelles, celles-ci, et cela au détriment de ma pauvre mère, chez qui, hélas, l’autorité est moins naturelle et plus fébrile.

 

Où est –elle, que je me venge ?

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 03. Le climat familial
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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 00:03

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

 

 
 Donc, pour être un homme, si je suis le mode d’emploi à la lettre, c’est très simple : ne jamais se retourner, ne pas se poser la moindre question et ne pas faiblir, « aller de l’avant » coûte que coûte, et ne pas avoir le moindre état d’âme. Ne pas avoir la moindre hésitation, et ne pas avoir le moindre remord, et puis, surtout, ne pas se soucier des autres parce que les autres, eux, ne se soucieront pas de toi. Une espèce de « donnant-donnant » à l’échelle de tous les rapports humains, en quelque sorte : tu te méfieras des autres, tu seras lucide et tu verras clair en leur jeu. Et, avant toute chose : tu te méfieras de tes propres amis, car ce sont les personnes les mieux placées pour te donner le coup de poignard qui ne peut se donner que de près !
En résumé, et pour clarifier la donne : considère-toi non pas comme un être humain, mais comme une marchandise. Lorsque tu auras compris cela, tous les grands principes de base, tu les auras assimilés. Si autrui s’intéresse à toi, c’est que la marchandise que tu représentes à ses yeux lui procure confort et intérêt. C’est aussi simple que cela : pour tes amis, tu es une marchandise intéressante ; pour les autres, tu es une marchandise dont on ne tirera rien. Lorsque tu passes d’un statut à l’autre, ça donne la sympathie … ou bien la trahison, suivant le sens dans lequel cela s’effectue.

L’homme est un loup pour l’homme. Et si jamais tu ne l’acceptes pas, sache au moins que l’homme est le seul animal qui sache exploiter l’homme par l’intermédiaire d’un autre homme. Aïe.
 
Heureusement, dans cette jungle existentielle impitoyable, je possède un refuge : ma chambre, dans laquelle je peux m’isoler à volonté, sans n’avoir rien à demander à personne.

 

 

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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 03. Le climat familial
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17 mai 2006 3 17 /05 /mai /2006 00:03

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

Il sait tout faire, a tout appris tout seul, et ne doit rien à personne.
Il sait non seulement planter un clou, mais également acheter des appartements pour les refaire complètement, en arracher les moquettes et les tapisseries, en abattre les cloisons pour en reconstruire d’autres, remplacer les appareils sanitaires, poser le carrelage et la faïence, faire du béton, refaire les seuils des portes, monter des murs, y poser une charpente puis une couverture, tirer des fils électriques, faire du plâtre, repeindre des façades entières de maisons, planter des arbres, tailler des haies, tondre la pelouse … Le week-end, au lieu de fréquenter les églises, mon père arpente les allées mal rangées des magasins de bricolage. Si certains apprennent par cœur leur missel, lui, préfère potasser les « fiches conseils ». Et si, pour d’autres, le bricolage traîne derrière lui une connotation quelque peu péjorative, pour mon père, ce sera tout le contraire : car bricoler, c’est exister !
Selon lui, on ne vit pas pour avoir, et on ne vit pas pour être : on vit pour faire !
 

Une fois que l’on a terminé de faire, on détruit et on recommence.

 Un  peu comme aux legos.

 

 Sauf que mon père ne joue pas, lui : il « travaille » !

 


(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 


 

 

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