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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 11:00

 

[Marina, cet après-midi, a dit de moi, d’un air tellement sérieux que ça m’a empêché de prendre ça pour un compliment, que je me comportais vraiment comme un tombeur.]
 
J’étais en grande discussion avec Marylou, car je ne voulais pas croire qu’elle était une vraie blonde. En général, je trouve que les vraies blondes, avec les yeux bleus, elles ne sont pas belles. Mais Marylou, ça l’a tout de suite interpellée, cet a priori. Elle est alors montée sur ses grands chevaux pour me dire :
— Je te jure : je suis vraiment blonde ! D’ailleurs, regarde bien, a-t-elle ordonné en me pointant directement dans le nez ses cheveux qui sentent le shampooing à la pomme : tu vois des racines plus sombres, quelque part ?
J’ai tenté d’inspecter les parties en question, malgré le fait qu’elle s’avançait toujours un peu plus près de moi à chaque fois que j’essayais de prendre un peu de recul pour y voir plus clair, et, ma foi, je fus bien obligé de constater que non. Alors j’ai dit :
— Tu sais que tu es la première vraie blonde aux yeux bleus que je trouve attirante ?
Ça l’a rassurée, Marylou. Elle a souri, et m’a alors adressé le plus joli regard qu’elle ne m’avait encore jamais adressé. J’ai alors ajouté :
— Mais je n’en reviens vraiment pas ! En général, je ne sais pas pourquoi, il y a toujours quelque chose qui me choque, chez les vraies blondes aux yeux bleus, quelque chose que je ne trouve pas beau …
Alors elle s’est à nouveau rapprochée de moi, et puis, comme pour me valider discrètement mon scepticisme, elle me confia, comme si cela constituait le seul petit secret d’une recette dont elle était l’unique réussite :
— Par contre, mes yeux, si tu les regardes bien, ils ne sont pas vraiment bleus : ils sont gris vert !
Et c’est à ce moment-là que Marina, qui n’a jamais la langue dans sa poche, et qui n’avait bien sûr pas manqué le moindre détail de la scène, a dit, un large sourire en coin :
— Ah là là, celui-là ! … Quel tombeur ! …

 

 

 

Natacha a ajouté :
— Il a vraiment la libido trop développée !
J’ai haussé les épaules, vexé de ne pas savoir ce qu’est la libido, et puis ça a sonné.
Plus tard, vers seize heures, tandis que l’on faisait des tours de cour (il n’est, je l’espère, pas nécessaire de préciser que le tour de cour, réalisé non pas en courant, mais en marchant, demeure la distraction favorite de tous les collégiens qui ne savent pas quoi faire de leurs récréations), j’ai demandé à Marina ce qu’est, précisément, la libido. En guise de démonstration, elle a saisi Clémentine par le bras, et elle lui a dit :
— C’est bien simple : il les allume toutes ! Toutes, toutes, toutes ! On pourrait encore imaginer qu’il les sélectionne, qu’il les trie, qu’il leur fait subir des tests, mais non … Pas du tout ! Il les allume vraiment toutes ! Il y a déjà eu Ninie, Christelle, Marylou, Sylvie, Sophie, Natacha, Agnès, Anne-Céline, moi, et j’en passe des vertes et des moins mûres …
Et puis, elle m’a jeté un petit regard en biais, comme pour évaluer ma réaction, et elle a fait :
— Et puis, quand il les a allumées, après, … il les entretient ! Car c’est un peu comme le feu, si tu veux : pour garder la flamme, il faut l’entretenir …
 
Alors ce soir, tout en écrivant ces lignes, je n’arrête pas de repenser à ce que Marina a dit de moi, et puis je me dis que cela ne peut plus durer. Il faut que je fasse des sacrifices. Il faut que j’en choisisse une et une seule, et que je la garde jusqu’au bout, une fois pour toutes.
Il faut avoir le courage de ses opinions, dans la vie. Avoir l’audace d’assumer, et le culot de ne pas se tromper de choix.
Or, pour cela, il n’y a, hélas, et malgré les terribles difficultés que cela implique, qu’une seule chose à faire : il faut choisir la meilleure !
 
Ce sera donc Marina.
 
Et finalement, elle va peut-être bien le devenir, le centre du monde …
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Published by JEPEH & BREGMAN - dans 04. Marina
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26 mai 2006 5 26 /05 /mai /2006 00:04

 
[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

Lorsque je repense à cet épisode peu glorieux de ce qui était sans doute ma première véritable porte d’entrée vers une espèce de vie sentimentale, je fais en sorte de raser les murs, et de rentrer me blottir au plus vite parmi les gros draps douillets de mes couvertures.
 
Il est clair qu’aucune fierté ne saurait se dégager d’une réponse aussi odieuse.
 
Souvent, alors, la nuit, je rêve en secret que Sophie et moi, sortons, bras dessus bras dessous, vers une séance de cinéma où nous ne voyons d’ailleurs rien de tout le film.
Au petit matin, par contre, le souvenir évanescent du délicat contact de sa langue divaguant au contact de la mienne me dévoile à chaque fois une réalité quelque peu moins romantique : les draps, en plus de mon caleçon, ont été, hélas, encore les victimes de ce que l’on appellera métaphoriquement les fameuses pollutions nocturnes.

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 

 
 
 
 
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 00:04

 
[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

 

C’est toujours pareil : plus les filles sont intelligentes et matures, plus ce sont elles qui vous font leurs avances. Moi, en cours de latin, ça ne me met pas très à l’aise : il faut préciser qu’il y a plein de gens tout autour, plein de gens qui nous épient, qui tendent l’oreille, qui ne cherchent qu’à pouvoir crier au scandale ! Ce n’est pas pour être parano, mais à droite, à gauche, devant, sur les côtés, on a beau être placé au fond, on a toujours l’impression d’être pris, quand on n’est pas en règles ! C’est tout juste si la prof n’a pas placé un miroir derrière nous, juste pour pouvoir surveiller nos dessous de table !
Ah ! Quelle épreuve !
En plus, les filles, à quinze ans, c’est diabolique. Ça a autant d’esprit que tout un gouvernement réuni, vous ne trouvez pas ? Nous, les mecs, à cet âge-là, nous n’avons pas aucune chance de nous en tirer la tête haute : nous ne sommes encore que des boutonneux, que de pauvres idiots un peu limite, pour ne pas dire limite abrutis !
Des jouets, finalement, pour elles !
Pour les filles, nous ne sommes que les jouets inaboutis de leurs rêves en cours d’élaboration.
 
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
 
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24 mai 2006 3 24 /05 /mai /2006 00:04

 
 
[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

 
 
Elle me rend la gomme, vaque à ses occupations, et tandis que je la surveille du coin de l’œil, hésitant à vouloir prendre connaissance de son étrange œuvre d’art, la voilà qui se retourne à nouveau pour se réapproprier son œuvre, et y ajouter, de l’autre côté : « N’oublie pas que tu es l’homme de ma vie ! »
— Allumeuse ! aurais-je dû rétorquer, si j’avais su mesurer la réelle gravité de la situation.
Néanmoins, l’imprévisibilité du coup me laissa coi. Et c’est elle qui eut encore le dernier mot de l’originalité !
Mais je ne vais tout de même pas continuer à parler de Marina pendant tout le reste du journal. Il n’y a vraiment pas qu’elle. Et puis, elle n’est pas le centre du monde, non ?
 
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
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