Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Conciergerie

 

ajouter-au-panier.png

 

 

Couloirs

Heures de colle

avatar

Tableau D'affichage

6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 00:05

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 


— Adolescents, vous êtes en quête de repères, de balises, de points fixes auxquels vous vous référerez lorsque, plus tard, au sein de l’immense océan que sera votre vie, vous saurez vous raccrocher, quoi qu’il advienne. A vous de parcourir votre chemin ou bien votre traversée, car nul ne le fera à votre place. Cependant, le rôle de vos professeurs, en gros, c’est de vous fournir les bonnes chaussures, ou bien le bon radeau.

 

Il sourit, satisfait de sa métaphore, et ajouta :

— Et pour ceux qui espèrent pouvoir voler de leurs propres ailes, ce sera plus long. Car, hormis leur tendre et dévoué professeur de français, qui irait sans doute jusqu’à leur fabriquer le papier, s’il le fallait, je ne connais encore personne qui acceptera de leur fournir les plumes !

 

Et comme pour mieux souligner son jeu de mot, il brandit son vieux stylo à plumes en guise de seul et unique trophée existentiel possible.

— Quel chemin choisirez-vous, le long de votre existence ? Celui de la raison, ou bien celui de l’émotion ?

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 05. Le prof de français
commenter cet article
5 juin 2006 1 05 /06 /juin /2006 00:05

 

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

— Et oui ! s’exclama-t-il. Je suis votre professeur de français, et je suis en train de vous avouer que je ne suis pas un passionné de la rédaction française ! Mais ne soyez pas déçus : vos professeurs sont préparés à vous transmettre tout ce qu’ils savent, et ils n’ont pas d’autre vocation que de vous voir les dépasser ! Votre professeur de physique n’est pas Einstein, et je ne suis ni Molière, ni Baudelaire. Même votre professeur de gym n’a jamais été un athlète. C’est cela, l’éducation nationale ! Si vous voulez avoir de grands professeurs, il vous faudra d’abord vous en montrer dignes ! Ici, nous ne vous enseignerons rien de plus que l’immuabilité des règles d’orthographe et de grammaire ! Pour la virtuosité, n’espérez rien de nous ! Le bon professeur, c’est celui qui saura apprécier vos aptitudes à leur juste valeur ! C’est celui qui vous mettra le pied à l’étrier … Mais après, alea jacta est ! Le sort en est jeté, et c’est à vous de jouer !


Il tira vers lui la chaise de son bureau, et, toujours debout, s’appuya contre le dossier.

Des questions ?

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 05. Le prof de français
commenter cet article
2 juin 2006 5 02 /06 /juin /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 

— Monsieur ?
— Oui ?
— Vous dites qu’il ne faut pas lâcher la perche, mais si l’on vous écoute, on ne saura jamais nager ! Peut-être faut-il savoir s’en détacher, du sujet, pour espérer être à l’aise avec les mots, non ?
Le professeur eut un petit sourire complaisant. Marina n’avait pas tort, et elle savait de quoi elle parlait, puisqu’elle faisait partie d’un club de natation.
— C’est une remarque pertinente. La perche, elle est là pour rassurer les débutants, pour leur donner confiance en eux. C’est au moment où vous vous décidez à lâcher la perche, que vous commencez à savoir nager. Mais, comme je vous l’ai dit, il n’y a pas de Balzac ici. Du moins, pas cette fois-ci, ou plutôt, pas encore … Certains ont du talent, et d’autres, moins, mais tous, vous avez encore besoin de la perche. La preuve : la perche que je vous ai tendue, cette fois-ci, était tellement énorme que personne n’a osé se jeter à l’eau ! De quoi aviez-vous peur ? De boire la tasse ? C’est en se confrontant à ses émotions, que l’on se fait adulte ! Le but du devoir, c’était de vous confronter à vos limites. Or, avant d’espérer les dépasser, les limites, il faut d’abord oser s’y aventurer, les explorer ! Ce n’est pas en restant au bord de la piscine, que vous le remontrez hors de l’eau, le mannequin noyé de vos véritables émotions ! … Je vais vous faire une confidence : les rédactions, la littérature, tout ça, ça ne sert à rien. Ce qui sert à quelque chose, c’est d’exister !
Il se redressa la posture, monta sur l’estrade et posa ses copies sur son bureau. Il s’avança vers le tableau, et grava : « La littérature sert à exister. La littérature, c’est l’alcool de l’âme, et l’essence de nos êtres. »
 
(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 05. Le prof de français
commenter cet article
1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


 
— Ne riez pas trop, les autres ! Des copies sur la honte, j’en ai d’autres, et croyez-moi qu’il n’y a pas de quoi en être fier ! … Ah ! L’on franchit un cap. Que dis-je, un cap ? Une péninsule ! François : six sur vingt. Vous êtes douze, à avoir obtenu six. J’aurais préféré le contraire, mais que voulez-vous, je n’ai pas retrouvé suffisamment de restes de chips dans vos copies pour avoir envie de vous mettre plus ! … Charlie …
 
Mon cœur sursauta. Moi ?
 
— Charlie : six. Ce n’est pas votre truc, les émotions ? Décidément, soit vous êtes trop pudique, soit vous êtes un légume ! J’aurais préféré, d’ailleurs, obtenir de vous la description d’un légume, plutôt que ceci, par exemple : « Privé de tarte aux pommes, je ressentais une abominable colère. Je quittai la table poliment, et allais m’enfermer dans ma chambre. »
 
Toute la classe se moqua amplement de moi. J’étais sidéré.
J’étais vert, et rouge de honte, je me mis d’ailleurs à sourire jaune.
 

 

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 05. Le prof de français
commenter cet article
31 mai 2006 3 31 /05 /mai /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

— Monsieur Laurent : deux sur vingt … parce que je suis très indulgent envers ceux qui ne savent pas exploiter leurs véritables capacités intellectuelles ! Pour votre information, je veux bien croire que vous êtes tétanisé devant un match de foot qui tourne mal, mais de là à me faire l’apologie du suspens comme émotion suprême … Le suspens n’est pas le résultat, mais la cause, jeune homme. Vous confondez encore cause et conséquence, à votre grande habitude et à mon plus grand désarroi, d’ailleurs. Sachez également que votre relecture rigoureuse, au lieu de se faire censure, aurait mieux fait de s’afférer à la correction des fautes d’orthographe ! Peur ne s’écrit pas avec un e, par exemple ! Vous me ferez le plaisir de réviser vos règles d’orthographe pour la prochaine fois. Merci d’avance !
Les rictus fusèrent de toute part, mais, en réalité, nous ne faisions pas les malins. Chacun essayait de se remémorer : de quoi ai-je parlé, déjà ? Ai-je commis des fautes d’orthographe inexcusables ? Ai-je été à ce point médiocre ?

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 05. Le prof de français
commenter cet article
30 mai 2006 2 30 /05 /mai /2006 00:05

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


Aïe, aïe, aïe ! Comment s’en sont-ils sortis, les autres ? C’était quoi, leur secret ?
Mon oncle Paul, le grand autiste de la famille, il a réussi à surmonter ça, lui ? Marié, père de trois enfants ? Je rêve, ce n’est pas possible ! Et Lucien ? C’est encore pire. Le genre de mec que tu te dis que si une femme le touche, il est capable de lui mettre un coup de boule sans faire exprès tellement que ça le rend nerveux.
Et mon père ? Comment il a fait, pour cueillir ma mère ?
En plus, je n’ai pas de chance, parce que ce n’est pas le moment de lui en parler, de sa rencontre avec Maman, parce qu’ils ne font que s’engueuler, en ce moment.
 
Je suis vraiment livré à moi-même, dans cette jungle de mes quinze ans ! Il ne faut pas être un intellectuel, il faut être le premier en classe, il ne faut pas trop draguer les filles parce que tes résultats scolaires vont chuter, il faut se méfier de celles qui te draguent parce que c’est pour ton argent … Et maintenant que je suis prêt à prendre la plus grande résolution de ma vie (n’en aimer qu’une, ne me dites pas que c’est naturel, quand même, bon sang !), eh ben, voilà, personne sur qui compter !
Les seuls qui pourraient m’aider, ce sont encore mes potes. Mais, manque de pot, ils ne sont pas plus avancés que moi, les pauvres.

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

Repost 0
Published by JEPEH & BREGMAN - dans 05. Le prof de français
commenter cet article