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Couloirs

Heures de colle

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18 juillet 2006 2 18 /07 /juillet /2006 00:09

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

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C’est fou comme une simple rumeur peut modifier la façon dont on regarde les gens. N’importe quel détail, aussi anodin puisse-t-il être, devient matière à encourager, approuver, exhorter. Le moindre regard, le moindre sourire, la moindre parole devient suspecte et suffisante pour faire l’objet d’une analyse en bonne et due forme, et d’une dissection rapide et précise jusque dans les moindres détails.
Le on-dit, c’est le dictateur de l’intuition.
Pas d’avis personnel, pas de ressenti individuel. Le on-dit alimente la rumeur comme le torrent alimente la rivière, et la rumeur nuit à la raison, comme le venin nuit au sang de sa victime !
Moi-même, d’ailleurs, pas plus sage que les autres, finalement, n’avais-je pas maintenant au fond de moi un léger doute, fourbe et insidieux, qui désirait faire valoir sa liberté de penser par-dessus celle des hommes qui ont le courage d’assumer leurs intuitions jusqu’au bout ?

 


(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 00:28

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

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— Bénédicte ? Bénédicte Martin ?
— Je crois bien que c’est elle, en effet … Une vraie allumeuse, il paraît.
— J’ai été en classe avec elle en primaire. Elle a du charme et, ma foi, on ne peut pas dire qu'elle fasse partie des plus idiotes de ce collège …
Je pensais à Jules. Si cette histoire était vraie, si elle possédait un seul soupçon de vérité, il m’en aurait inévitablement parlé. Lors de la visite annuelle du médecin scolaire, en classe de CM1, il était arrivé dans la pièce juste derrière elle, et l’avait surprise en petite culotte. Depuis, les années passant, il n’avait cessé de nous rappeler cette petite aventure anecdotique du réveil précoce de sa libido d’ado.
— Ce n’est pas possible, j’ai conclu. Il s’agit d’une rumeur non fondée. Un non sens, un mensonge, une hérésie ! Monsieur Antoine est quelqu’un de droit, avec des principes moraux rigides et immuables que rien n’oserait perturber ! C’est un homme marié, avec des enfants, qui, de plus, aime trop ses élèves pour se lancer dans une aventure impossible comme celle-là. Non, non ! Ça ne tient vraiment pas la route.
— Tu es naïf.
— Naïf ? Moi, naïf ? Pourquoi dis-tu cela ?
— Monsieur Gilbert fait preuve d’une énorme tendresse envers les filles. Tu n’as jamais remarqué ?
— La tendresse, c’est une chose, mais faire l’amour avec une de ses élèves en est une autre !
— La tendresse mène à l’étreinte, comme la mèche à l’explosif ! a déclaré Agnès.
 

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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 00:09

 

Becoter est interdit (chapitre 9 épisode 3)

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

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Le proviseur ne manqua d’ailleurs pas de me faire remarquer que victoire ou pas victoire, les règles du collège étaient faites pour tout le monde sans exception, et que même les bons élèves délégués de classe avaient le droit de respecter le silence des lugubres couloirs de l’arène.
— L’arène ? demanda Marina, semblant chercher le taureau du regard.
— La Remarquable Education Nationale ! compléta-t-il, sur le ton de l’évidence.
Marina et moi nous regardâmes, complices. Si seulement elle pouvait savoir ce que l’on projetait de faire dans son dos, la « Remarquable Education Nationale » …
— Alors, que je ne vous y reprenne pas, Monsieur Bregman, à crier comme ça dans les bâtiments ! C’est compris ?
Le proviseur était dans un bon jour car il avait fait l’effort de s’adresser à moi par mon nom de famille :
— C’est compris, Monsieur le Proviseur ! fis-je dans la posture du garde-à-vous. Cela ne se renouvellera pas. Je n’aurai plus l’air comblé dans les couloirs !

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13 juillet 2006 4 13 /07 /juillet /2006 00:09

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

— Non ? Tu es sérieuse ?
— Evidemment. Pourquoi te dirais-je des bêtises ?
— Mais tu ne me l’avais pas dit ! lui reprochai-je, en même temps que je me rendais compte combien la remarque était inadaptée.
— Nous ne sommes pas mariés, que je sache ! ne manqua-t-elle pas de répondre.
J’étais anéanti. Le monde entier semblait s’écrouler sur mon impuissance à pouvoir me sortir de ce pétrin.
— Et mercredi ? fis-je, sans réfléchir.
— Entraînement à la piscine !
— Mercredi après-midi ?
— Oui.
— Et le matin ? Tu viens aux arts plastiques ?
Les cours d’arts plastiques sont une option. Chacun y va quand bon lui semble. On peut y faire de la peinture, du dessin, de la sculpture, de la poterie, des travaux manuels …
— On pourrait faire de la photo … proposai-je.
— J’ai un rendez-vous chez le dentiste, mercredi matin … Inutile de tirer des plans sur la comète : je crois que ça ne va pas être possible !
 

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12 juillet 2006 3 12 /07 /juillet /2006 00:09

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

 

 

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Cette boutade la laissa de marbre. Je haussai les épaules :
— On ne va pas en faire un flan ! Je n’ai pas couché avec la prof d’anglais, que je sache … Alors laisse-moi donc une chance !
Il ne faut pas poser de questions. Ne jamais leur laisser la possibilité de reprendre la situation en main. Parler, expliquer, jouer, réciter, inventer, distraire, convaincre, faire sourire et faire rire … C’est ça, la recette de la séduction. Comment croyez-vous qu’ils font, les italiens ?
Je voudrais pouvoir lui dire que je l’aime, que je suis amoureux fou d’elle, mais je n’ai jamais fait ça, moi, je ne sais pas si cela se fait comme ça, si un couloir de collège est un endroit bien approprié, et deux minutes avant la sonnerie, un moment vraiment adapté …
— Qu’est-ce que tu comptes faire ? M’offrir des fleurs ? M’inviter au cinéma ?
Elle insista fortement sur un point :
— Tu as intérêt à te dépêcher, parce que les vacances de printemps, je te rappelle que c’est samedi !
Aïe ! Je les avais oubliées, celles-là ! Ce n’est pas possible ! Faut-il être con, lorsque l’on est amoureux ! Oublier l’approche des vacances, n’est-ce pas un comble, pour un collégien ?
 
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