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Conciergerie

 

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Couloirs

Heures de colle

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 01:03

(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)

 

Au moment où j’ouvre la porte, un grand silence s’impose. J’imagine aisément les frémissements de mes cinq greluches, qui ne devaient pas s’attendre à ce qu’il y ait quelqu’un aux toilettes.

Et encore moins un mec.

Je laisse planer deux longues secondes de suspens, et passe enfin la tête par l’entrebâillure :

 

Alix et Eva me regardent avec une bouche stupéfaite qui ne laisse sortir aucun son, Mireille et Alizé deviennent blêmes, et Bénédicte pique un fard.

— Ne vous inquiétez pas, je laisse les toilettes aussi propres que lorsque je les ai trouvées !

Un instant, l’idée de profiter de l’effet de surprise pour me débiner me traverse l’esprit, mais bon, après tout, elles n’avaient qu’à éviter de déblatérer comme ça, ces greluches. Alors je m’excuse auprès d’Eva, et accède au robinet.

— Il n’y a plus de savon ? je fais.

Mireille se pointe juste derrière mon dos et me lance des éclairs du regard, au travers le miroir.

— Dis donc ! Tu as tout entendu ce qu’on disait ?

Autant jouer carte sur table :

— Il faudrait être sourd pour ne rien avoir entendu… Mais ne vous inquiétez pas, ça ne sortira pas d’ici, vous avez ma parole.

Alizé jette un œil complice à Mireille et me met la main aux fesses :

— Attends ! Tu crois qu’on va te laisser sortir d’ici comme ça ? Tu te pointes dans les toilettes des dames et tu écoutes aux portes, et tu te crois sorti d’affaire ?

Bénédicte vient se coller à moi également, suggérant aux autres qu’une attitude pareille mérite un gage.

Je me retourne pas du tout rassuré.

— Un gage ? je m’exclame.

Bénédicte me caresse la joue et s’avance pour me chuchoter des trucs bizarres à cinq centimètres de mes lèvres.

Quand je pense qu’elle vient d’avouer à ses copines qu’elle a chopé une vaginite et un herpès…

— Tu sors bien avec Marina, toi, non ?

Je ravale ma salive.

— Oui oui, il sort avec Marina, je les ai vus, tout à l’heure ! s’exclame Mireille.

Comblée par cette info, Bénédicte me propose un pacte : si je les embrasse toutes, elles me laisseront partir. Si dehors, je répète un mot de ce que j’ai entendu, elles informent Marina de ce qui s’est passé. Si je ne veux pas le faire, elles s’arrangeront pour lui faire croire quand même.

— Vous embrasser toutes ? je fais.

Dans un temps normal, une proposition pareille aurait été une aubaine, car hormis le fait qu’Eva est un peu ronde, toutes sont excitantes à souhait.

Mais si je laisse aller à un jeu pareil et que Marina l’apprend…

— Ah non, désolé, les filles… je lâche.

Je regarde Eva droit dans les yeux, et puis je regarde Béné :

— Vous êtes toutes des tops canons et je serais vraiment ravi de vous rouler des pelles à n’en plus finir, mais par rapport à Eva, je ne peux pas.

Eva me fixe avec des ronds comme des billes, et ses copines attendent qu’elle crache le morceau.

— Moi, j’aimerais bien n’embrasser qu’Eva ! je mens. Parce que je sais qu’elle n’attend que ça et que ça lui ferait vraiment bizarre de me voir vous embrasser vous aussi !

Ma petite révélation semble produire son effet. Tandis que les joues d’Eva s’empourprent jusqu’aux oreilles et que les quatre autres semblent rester sur le cul, je m’approche de ma proie et l’embrasse sur des lèvres qui refusent de s’ouvrir.

— Sans rancune ! je m’exclame.

Et je m’empresse de quitter cet endroit maudit dans lequel je jure de ne jamais remettre les pieds.

Elles ne croyaient tout de même pas que j’allais leur rouler des pelles alors que parmi elles il y en a une qui a chopé un herpès, non ?

 

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 23:25
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Lors d’une boum, si vous désirez en savoir plus sur les gens, rendez-vous aux toilettes.

Les toilettes, ce ne sont pas uniquement des lieux d’aisance ou le point de rencontre de tous ceux et celles qui ressentiraient un besoin commun d’aller se débarrasser de quelques incommodités personnelles devenues trop dérangeantes. Les toilettes, ce sont de véritables confessionnaux modernes.
Tenez : Alix, par exemple ! Alix, quand elle veut aller aux toilettes, elle chuchote quelque chose à l’oreille de Mireille, qui transmet à Alizé, qui le répète à Eva, qui cherche partout dans la salle sa copine qui change de mecs toutes les trois minutes et qui s’appelle Bénédicte, et quand Eva croise le regard de Bénédicte, elle met ses mains en porte-voix, et elle crie :  « Tu viens avec nous ? On va pisser ! »
Bon, d’accord, ce n’est pas la grande classe, Bénédicte. On ne peut pas vraiment lui établir un procès pour discrétion, si l’on peut dire… Mais il n’empêche que la bande des cinq greluches se retrouve illico à la sortie de la salle et entame son pèlerinage vers le grand miroir des toilettes. Celui devant lesquelles elles jouent à : « Ô, Miroir ! Dis-moi qui est la plus belle de tout le royaume… » Celui devant elles ne tombent pas toujours d’accord sur le verdict. Celui devant lesquelles Eva finit toujours par tomber en larmes parce qu’elle se trouve trop grosse, et puis là, sur les cuisses, c’est de la cellulite, et puis ça lui fait une culotte de cheval, et puis même ses joues, on dirait des joues de hamster, et ses cheveux, ils ne sont pas beaux, ils sont tout secs et ils font des fourches, et bla bla bli, bla bla bla, et ouïnnn, tu en as de la chance, toi, t’es un vrai top modèle, mais non, ce n’est pas vrai, toi aussi, tu es très belle, et puis les mecs, ils préfèrent les rondes, c’est bien connu, ah ouais, tu crois, snif, vous trouvez, les filles ?

C’est ma faute. Pour ne pas avoir à subir ça, je n’avais rien à faire dans les toilettes des filles. Mais voilà, les toilettes des filles sont plus propres que celles des mecs, et quand on avez besoin de vous asseoir, c’est plus commode… Alors j’ai tout entendu.

J’ai entendu qu’Alix, elle s’est fait lourder par son mec hier soir, que Mireille, elle a eu une aventure avec le fils du prof de gym, qu’Alizé, elle trompe Jérôme avec Domingue et Edouardo…
— Les deux à la fois ? se sont exclamées ses copines en chœur.
— Hi hi hi ! Ben non ! Vous êtes folles, ou quoi ? Ils ne le savent pas mais c’est selon leurs disponibilités...
Bénédicte, elle a attrapé une vaginite et un herpès, et même qu’elle leur déconseille de sortir avec Sylvain, car en plus, il roule des pelles comme un manche à balai, et par contre, si elles ont besoin d’un bon coup, franchement, Lucas n’est pas mal. Au début, on pourrait croire qu’il lui manque quelques centimètres, mais il se rattrape bien à la pratique, ce salaud, et bon dieu, quel pied…

Je m’en veux. Il faut être complètement stupide pour prendre les toilettes des demoiselles pour des lieux d’aisance car jamais je ne me suis senti autant mal à mon aise. Faites que ça s’arrête, mon Dieu ! Faites qu’elles se taisent ! Elles n’ont pas envie de pisser, plutôt que de parler ?
Hélas, je suis d’autant plus pris au piège qu’il n’y a que deux wc. Or, je suis en train d’en squatter un, et l’autre possède un verrou qui ne ferme pas…
Je me demande bien comment l’on peut se sortir d’un pétrin pareil.
Dans la vraie vie, ça ne pourrait pas être comme dans les films ? Avec des rebondissements de dernière minute qui vous sauvent la face in extremis ?
Qui me sauvera ? Quel événement improbable me tirera de là ?
Je tire la chasse et me prépare à ouvrir la porte…
Courage.

Si seulement je pouvais être invisible…



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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 21:49
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Lorsque, dans une boum, la musique qui passe fait Boys, boys, boys,  toutes les filles qui ont un peu de poitrine deviennent des filles qui assument.
Elles se tiennent les seins et se les remontent, elles se dandinent avec un regard de filles faciles, et elles se prennent toutes pour Sabrina.
C’est vrai qu’elle était quand même vachement b… belle, Sabrina.
Un adolescent qui tombe sur un clip de Sabrina, ça ne peut pas continuer à avoir une adolescence normale. Surtout quand elle en train de sortir de la piscine, avec le bord du téton qui flirte nerveusement avec la sortie de route.
Jacky, lui, il en sait quelque chose : c’est le seul qui est content lorsque Sabrina régresse dans le classement du Top 50. Au moins, il n’a pas à attendre la fin des clips pour se rincer l’œil !

Mais si cette chanteuse fait des heureux côté garçons, ce n’est pas toujours le cas côté filles. Cyndie, par exemple, elle vient de se rasseoir. Elle aimerait bien danser, elle aimerait bien s’agiter avec ses copines, comme ça, sur la piste de danse, avec tous ces pauvres gars qui rigolent autour, mais elle n’a pas de seins, Cyndie.
Elle est super mimie, elle a un charme fou et tout le monde la trouve adorable, mais voilà, les seins de Cyndie sont plats, et quand le disc-jockey passe Sabrina, tout le monde se rend compte que les seins de Cyndie, ils sont désespérément plats.
— Je me les ferai refaire quand j’aurai des sous ! avait-elle confié à Agnès, une fois.
— Mais non, ils pousseront un jour ou l’autre, ne t’inquiète pas ! avait répondu sa confidente.
— Ben… Et si j’étais comme Jane Birkin ?
Evidemment.

Du coup, Cyndie, au troisième trimestre, elle a augmenté ses notes dans toutes les matières.
Pour avoir des sous ?
Non. Pour avoir de gros seins.


Sabrina Boys
envoyé par lucile18
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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 22:43
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
C’est mou.
C’est mou, c’est chiant, franchement, j’aime pas.
Marina, elle, elle continue de s’éclater et j’avoue que je passerais bien des heures à la contempler se dandiner comme ça devant moi. Mais Marina, elle veut que je danse aussi.
— Ça se danse, ça ? j’ai râlé.
Elle a ri, elle a donné un coup de coude à Sophie, elles se sont fait un clin d’œil et elles ont encore ri.
Il ne faut pas m’en vouloir, mais danser sur un navet pareil, franchement, ce n’est vraiment pas mon truc. J’aimerais bien bouger un peu pour lui faire plaisir, mais comme mon corps n’en ressent ni le besoin ni l’envie, à part cette espèce de marche rythmée qui ne rime à rien, je ne sais vraiment pas quoi faire.
Piètre danseur.


Chris, Sylvester, Pablo et Aldo, eux, ils se la cognent. Sur un air pareil, ils ont l’air de quatre grands coqs qui ne savent plus quoi déhancher pour lui plaire, à la gente femelle qui se déshormone sous leur nez.
Chris, j’ai remarqué qu’il a tendance à zieuter méchamment du côté du décolleté de ma copine. J’aime pas ça.
En plus, avec Sylvester, on a l’impression qu’ils chassent en bandes : Sylvester lui danse dans le dos, et entre Chris et moi, ça se joue du coude à coude aux coups de coudes.
Si ce grand costaud croit qu’il va me piquer ma belle avant qu’elle ne s’envole à l’autre bout de la France, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate.
Paf. Un coup de chaussure dans la cheville.

Ce grand bronze ne bronche pas.

Re paf. Un coup de coude entre les côtes.
Il me jette un regard de truand en biais, mais comme il ne veut pas se griller en abandonnant sa technique du sourire de faux-cul, ça lui fait une vraie tronche de cake.

Je lui rends son sourire tout faux, et lui envoie une vraie petite claque pseudo amicale sur la joue :
— T’aurais dû faire danseur, j’ajoute.

Cette fois, il m’attrape par le col et me décolle d’au moins trois centimètres du sol :
— Tu pourrais éviter de m’habiller les fringues, s’il-te-plaît ? je lui fais.
— T’as un souci, nabot ? il répond.
— C’est toi, qui devrait en avoir un : tu es en train de convoiter ma nana et j’aime pas ça !
Marina s’intercale entre nous et fait :
— Hé ! Vous n’allez quand même pas vous disputer pour moi, non ?
Chris me toise, et puis, d’un air méprisant, il fait :
— C’est un mec avec qui tu voudrais sortir, ça ?
Elle lui répond :
— Non : c’est le mec avec qui je sors déjà, et je ne change pas !

Sans rancune, Chris l’air con.


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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 22:58
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Il y a des tubes, ils sont vraiment faits pour mettre le feu sur une piste de danse.
Il y a des mecs, quand ils bougent leurs épaules sans sourire, sur la piste, ils ont tout le poids du pucelage qui leur pèse, et ça se voit.
Il y a des nanas, elles font semblant de danser et puis elles s’arrêtent, tout net, elles s’en vont aux toilettes, et quand elles reviennent, on voit que leur maquillage, il a coulé, parce qu’elles ont encore cette boule dans la gorge qui dit « pourquoi je n’ai pas de mec, moi ? »
Il y a monsieur Givé, il observe tout ça d’un œil nostalgique et au lieu de tirer au sort les pochettes de disque dans le gros carton, il les choisit comme un marionnettiste qui veut être certain de tirer les bonnes ficelles du destin de ceux et celles qui sont désormais tombés sous sa responsabilité.
Alors, je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas si c’est parce qu’il existe un fantasme général qui fait que les nanas ont toutes une gitane qui se cache en elles, et que les mecs voudraient tous se taper une fille à la sensualité animale, mais quand monsieur Givé, il envoie « ma tête tourne, ma tête frappe… », on dirait que tout le monde a envie de se faire tourner la tête.
La Gitane, c’est un tube terrible.
Le chanteur, il s’appelle Felix Gray, et si ça se trouve, dans quelques années, on l’aura tous oublié…
Mais quand on entendra à nouveau la Gitane, on se souviendra.
On se souviendra qu’il y avait des jours où ça n’allait pas, et pourtant, c’était l’espoir qui l’emportait.

 

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 23:12
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
C’est quand les rideaux sont bien tirés, quand les petits spots se mettent à clignoter de plus en plus vite et dans tous les sens, et quand tout le monde commence à s’agiter frénétiquement comme un tas de petites piles sur pattes.
C’est quand il y a une musique qui commence comme un slow. C’est quand les corps se rapprochent, quand les bouches ont envie et que les cœurs s’impatientent.
C’est quand les regards se découvrent, quand les apparences lèvent leur voile.

Sauf que les rideaux t’étouffent, les petits spots t’énervent, et tout ce joli monde qui se trémousse sous ton nez te balance des coups à chaque fois qu’il essaie de lever un bras.
Sauf que la musique qui commençait comme un slow, eh ben, fausse alerte, ce n’est pas un slow.
Sauf que les corps qui se rapprochaient, ils ne se rapprochent plus et tout le monde se remet à bouger, à demander de l’espace, toujours plus d’espace autour de soi, et les bouches se ferment ou alors elles hurlent mais il n’y a plus de baiser à en tirer et c’est comme ça.
Les regards disparaissent dans le vague, les apparences redistribuent leurs rôles et tout le monde entre en transe.

Alors elle se rasseoit.
Elle s’éloigne de la piste sur laquelle tout le monde danse, elle prend une chaise là-bas au fond derrière le prof de dessin qui repère déjà ses disques pour après, elle baisse les yeux et elle est triste.
Elle est comme ça, Jeanne.
Elle a des seins tout neufs, des hormones qui crient à l’aide en permanence, une jupe toute courte, un maquillage tout bien fait et des cheveux tout bien coiffés… et pourtant, c’est comme ça : personne ne veut jamais la toucher, la Jeanne. Ça fait des années qu’elle en rêve, des années qu’elle se fait des films, des années qu’elle espère des trucs de plus en plus improbables, et ça continue.
Encore et encore.
Comme le blues de la condamnée.
Comme le coup de blues de quelqu’un qui voudrait un peu d’amour et qui n’en a jamais.



Alors je ne peux pas laisser faire ça. Je suis un salaud, je suis sans doute le pire des salauds et je vais certainement lui donner des faux espoirs, mais en même temps, je ne peux pas rester là, comme un con, comme si j’étais insensible à cette tristesse qu’elle est trop fragile pour garder pour elle toute seule…
Alors je m’avance, je vais la voir, je me mets presque à genou devant elle pour que ses yeux croisent enfin les miens, et je lui dis :
— Tu danses avec moi, à la prochaine ?
A ces mots, Jeanne, elle se croit une princesse. Cela va durer une seconde, son cœur va se remettre à battre pour quelque chose, je vais lui raviver sa petite flamme qui bat à l’intérieur et puis elle va se raviser et retomber dans sa léthargie, mais je lui aurai au moins offert la possibilité de vivre cette seconde-là, et si cette seconde-là peut lui redonner le goût de se lever et d’aller en chercher un autre au hasard sur cette piste, alors j’aurai été un salaud gentil.
Tellement gentil que ça ne fera plus de moi un salaud.
Mais Jeanne, elle ne se ravise pas.
Ses yeux s’illuminent et son joli sourire timide lui répare tout le visage.
Elle remet son joli chapeau et se lève, elle me prend même la main et m’entraîne, et là, pendant que Claudius m’interroge, d’un simple regard fait d’une paire d’yeux tout écarquillés, de toutes les questions qui lui passent par la tête à ce moment-là, je me rends compte que ce n’est jamais noir ou blanc, la vie des sentiments, et que lorsque tu veux mettre un peu de lumière dans les idées noires de quelqu’un, tu ne sais jamais si en réalité tu n’es pas en train de lui éteindre les dernières lueurs d’espoir qui lui restait.

Je suis vraiment un salaud.

Quand elle a approché sa bouche de la mienne et que, in extremis, j’ai aperçu Marina revenir parmi nous, je l’ai envoyée direct dans les bras de Jacky qui passait par là, et je me suis débiné.

Le cœur rempli de honte, j’ai voulu aller m’asseoir sur la chaise.
Là-bas. Au fond.
Derrière la musique des amours des emmerdes.

Et au lieu d’avoir le cœur qui s’enflamme à la vue de ma nana déguisée en mannequin des défilés de mode, le cœur, je l’ai eu fendu en deux, moi.
Avec un morceau resté au fond de celui de Jeanne, et l’autre instantanément métamorphosé en pierre.

— Tu me trouves comment ? a minaudé Marina.
Et tandis qu’elle passa ses bras autour de mon cou, Jeanne vint se poster à un mètre dans son dos, les bras croisés et le regard plein d’éclairs, et je vous jure que les spots du père Givet, ils avaient beau s’agiter dans tous les sens, c’était vraiment de la gnognote !



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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 23:09
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Tout le collège est maintenant au courant que les 3èmes 6 sont en train de mettre le feu au bâtiment du réfectoire. Gilou, qui ne perd jamais une occasion de mettre en application son esprit mathématique, nous fait remarquer que si l’on décidait de faire payer l’entrée, on pourrait vraiment se faire une belle cagnotte pour les vacances.
Mais heureusement, Sylvie revient à l’assaut et lui propose de venir plutôt faire des figures géométriques avec elle sur la piste.
Dans la cour, les bruits ont couru plus vite que Sylvester : les 3-7 ont répondu présents les premiers car il s’agit de notre classe binôme, celle avec qui nous avons partagé tous les cours de gym durant toute l’année.
Je les aime bien, les 3-7 mais ils me rendent méfiants.
Chris, Sylvester, Pablo et Aldo sont les plus dangereux : une demi-tête de plus que chacun d’entre nous, des muscles à en faire pâlir le groupe des Musclés, un teint halé qui vous offre la Méditerranée au fond de leurs yeux bleus ou verts…
J’aime pas trop.
D’ailleurs, je surveille le retour de Marina de très prêt. Il ne s’agit pas de la manquer.
Une fois ces chasseurs de cœur entrés dans l’arène, rien ne pourra les arrêter.
— C’est qui, qui les a invités, les quatre mousquetaires, là ? je demande à Armand.
— Je crois que c’est Sophie.
J’aurais dû m’en douter.
Sophie est sortie avec Chris, cette année. Plusieurs fois en contrat d'intérimaire. Elle est sortie avec Sylvester, puis elle est sortie avec Pablo durant trois jours de suite. Mais Aldo, elle ne l’a pas encore essayé.
Je soupire.
— Ils sont célibataires ? j’enquête.
Armand sourit. Il a compris mon inquiétude.
— T’inquiète pas, va ! Le temps que Marina revienne, ils ne le seront déjà plus !
Je lui glisse un clin d’œil :
— C’est le moment d’envoyer un premier slow ! T’as une idée ?
Cette suggestion le fait bondir :
— Un slow ? Tu n’es pas fou ? C’est beaucoup trop tôt ! C’est le moment d’aller chercher des bombasses dans la cour, oui !
« Bombasses » ? Armand a dit « bombasses » ?
Je le regarde avec stupéfaction. Décidément, l'arrivée des grandes vacances changent les gens, on dirait !
— Attends… Il n’y en a pas déjà assez comme ça ?
Il hausse les épaules :
— Moi, ce que j’en dis, c’est pour toi…
Après une brève énumération de la qualité de la faune disponible, il ajoute :
— Si tu me donnes ton feu vert, avec Steph et Claudius, on te fait une opération commando vite fait bien fait dans la cour et on leur ramène des appâts tellement irrésistibles, à tes quatre mousquetaires, que je leur donne  cinq minutes maxi avant qu’ils ne tombent dedans !
J’ai regardé la montre, j’ai regardé le contenu de la salle, et j’ai jeté un œil sur le comportement des quatre mousquetaires.
Chris a susurré quelque chose à l’oreille d’Estelle. Estelle a fait non.
Sylvester s’est approché de Sophie et Sophie a fait mine de ne pas le voir et a tourné les talons.
Pablo a voulu faire son chaud avec Natacha, mais elle a eu une baffe facile.
Aldo a collé Emilie d’un peu trop prêt : elle s’est précipitée dans mes bras en me faisant un clin d’œil en me demandant de faire semblant de l’embrasser.
Je l’ai serrée très fort contre moi en priant que Marina ne déboule pas au même moment, et puis j’ai glissé à Armand :
—  Vous avez mon feu vert…

 

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5 février 2009 4 05 /02 /février /2009 06:08
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
Marina m’a glissé à l’oreille : « je monte me changer, attends-moi là, je te fais une surprise ! »
J’ai arrêté de danser.
C’est bête, mais une boum sans la nana pour qui ton cœur fait boum boum, ce n’est plus du tout la même boum. D’ailleurs, Gilou a voulu faire son chef, et la musique de Top Gun s’est emparé du plafond de la salle comme un ballet aérien auquel personne ne semblait vouloir participer.


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Armand a tenté de raisonner Gilou par le dialogue, Paulo lui a fait doucement remarque que Kelly McGillis n’était pas dans la salle, Jacky s’est moqué de lui en lui disant que le seul avion qu’il pourra piloter dans sa vie, c’est un de ceux qui se trouvent au sommet des manèges pour enfants de quatre à six ans et là, Gilou a vu rouge.
Son poing n’est pas passé bien loin du nez de Jacky et si Claudius ne s’était pas interposé au bon moment, la boum dégénérait vite fait en bagarre générale.

Gilou, il n’aime pas qu’on se moque de sa taille. Il dit qu’il n’est pas petit.
Chez lui, la hauteur maximale de sa chambre, située sous les combles, est à un mètre cinquante cinq, mais il n’est pas petit, Gilou. Sa mère lui concocte des soupes de toutes les couleurs, qu’il est censé ingurgiter à chaque récréation, mais il les refourgue au clochard qui dort sur le banc en face de l’entrée du collège, histoire de nous prouver qu’il a même un très grand cœur, Gilou… Au volley, c’est le seul qui peut passer sous le filet sans s’en apercevoir ; quand il est appelé au tableau, c’est le seul qui ne peut pas écrire plus de trois lignes au-dessus de la hauteur des tampons à effacer ; lorsque la prof d’anglais lui demande d’accrocher le mot des absents sur le clou devant la porte de la salle, il demande de l’aide à Pascale ; pour monter dans le car, il est obligé de s’aider de la main courante ; pour mettre un œil dans la microscope du prof de sciences nat’, il doit monter sur le tabouret…
— Mais non, tu n’es pas petit ! le console Stéphane. Ne t’inquiète pas !
Stéphane, il prend des hormones depuis six mois. Avec les six centimètres qu’il s’est déjà offert, il pourrait presque devenir son coach, à Gilou.
— Et puis tu peux encore grandir ! l’encourage Marylou. Ça grandit jusqu’à quel âge, un petit garçon, vous savez ?
— Moi, je te trouve mignon tout plein, comme ça ! Ce qui est grand est chiant et ce qui est petit est joli ! lui confie Ninie, en douce.
Sylvie, elle l’aime bien Gilou. Peut-être parce qu'ils sont de la même taille. Déjà l’année dernière, lors du voyage scolaire à Versailles, au fond du car, elle l’avait fait sauter sur ses genoux, le Gilou.
On était tous terriblement jaloux, d’ailleurs, parce qu’elle est drôlement mignonne, la Sylvie.
— Allez, viens voir par là ! Je vais te faire un câlin, mon bébé ! elle lui lance, pleine d’affection.
Et là, je ne sais pas quel est le con qui a choisi ce disque, mais la musique qui nous remet le cœur à faire la fête, c’est…
Gilou, il nous a lancé un regard foudroyant, et Sylvie a été obligée de l’emmener faire sa promenade dans la cour pour le calmer.
Un couple ! Un !
C’est vraiment génial, les fins d’année…




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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 06:48
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
C’était bien la première fois que tout le monde était en avance sur l’horaire.
A une heure et demie, toute la classe était déjà en salle.
Frustrator, le seul pion de tous ceux et celles qui sont au courant de notre petite boum improvisée, ne peut pas s’empêcher de venir lorgner toutes les dix minutes de l’autre côté de nos rideaux.
— Il est pénible, celui-là ! a lâché Sophie.
Jacky lui a ordonné de fermer les rideaux une bonne fois pour toutes. Il n’a qu’à aller voir ailleurs, lui ! Il n’est pas invité !
— Ah non ! Ce sera encore pire après : il va venir nous surveiller directement sur place ! s’est exclamé Marina. Laisse ouvert !
Frustrator a serré les dents et il a fait semblant de partir, mais en réalité, il n’attend qu’une seule chose : que deux d’entre nous se transforment en couple qui se bécote ! Et lorsque ceci arrivera, il se transformera en légionnaire romain qui mettra fin à la fête en nous faisant tous jeter au cachot, et en envoyant le couple fautif directement dans la gueule des lions.
— Tu as toujours la clé ? j’ai demandé à Armand.
— Je confirme !
Tant mieux : quand la boum commencera, on tirera les rideaux et on fermera la porte à clé en mettant la musique à fond.
Frustrator aura beau tambouriner, on ne l’entendra plus et tout le monde pourra danser, chanter et se toucher comme il se doit.
C’est quand même la fin d’année, nom d’un poil !
— C’est la fête, par ici, on dirait ! a lancé le prof d’arts plastiques, en glissant sa tête par l’entrebâillure de la porte.
On lui a expliqué qu’on allait faire une méga boum pour fêter la grève des profs, euh, non, pour fêter la fin d’année, Monsieur !
— Vous avez du matos ? il a fait.
— Du matos ?
— Ben oui, du matos, quoi : une chaîne Hifi, des enceintes, un truc qui crache… Vous n’allez quand même pas faire une boum avec ce poste de musique de chambre, non ?
Il a montré le poste que Sylvie avait posé sur une chaise.
On a haussé les épaules. Faute de mieux, on se contentera de peu…
— Je vais vous arranger ça ! Sophie, Charlie, Gilou, vous venez avec moi ?
Il nous a emmenés dans sa caverne aux trésors, pleine d’œuvres d’art inestimables, allant des découpages experts des sixièmes aux toiles abstraites des plus créatifs, en passant par les sculptures d’argile peintes à la gouache, les tirages de photos aux flous artistiques, et la fameuse fissure du mur du couloir – pièce majeure – encadrée par ses propres soins comme figure déroutante de l’art contemporain.

Un quart d’heures plus tard, on revenait avec son « matos » à lui : une chaîne Hifi avec lecteur de disques, de cassettes, de vinyls, avec des enceintes grosses comme des tabourets.
— On peut commencer à mettre de la musique ? a demandé Sylvie.
On a tous regardé son poste, on a tous regardé la nouvelle chaîne Hifi, et on a tous dit :
— On peut mettre la musique, mais c’est Givé qui s’en occupe !
Monsieur Givé, il a eu un sourire jusqu’aux oreilles, et avec son air d’adolescent de cinquante cinq ans, à peine ridé par les affres de la création artistique, il a répondu :
— Reste avec moi, Sylvie ! On va leur mettre le feu en deux minutes !
Il a tout branché comme il faut, et quand le son est sorti, on a eu le cœur qui s’est mis à l’unisson avec toute la classe et on a tous commencé à faire les fous.
C’était notre début de soirée à nous.
A quatorze heures cinq.

 

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 08:00
(Avertissement : ce chapitre est une ébauche d'une suite au roman Vivement l'amour)
A la récré, comme les profs sont en grève, Gilou, il a dit :
— Cet après-midi, il n’y aurait pas un externe qui nous ramènerait un poste, pour écouter de la musique dans la cour ?
Claudius, il a trouvé que c’était une bien belle idée et que si on s’y mettait tous, on pouvait même faire une sacrée bonne fête de fin d’année, genre boum et on pourrait tous danser avec tout le monde, genre Emilie, Elisa, Natacha, Marylou et Marina.
Je lui ai donné un gros coup de coude dans les côtes et je lui ai soufflé : « Non, pas Marina ! »
— Oui, enfin, euh… Chacun pourra danser avec celle qui lui plait…
Chacun fait, fait fait, c’ qui lui plait plait plait… a répondu l’écho composé d’Emilie, Elisa, Natacha, Marylou et Marina.
Armand a fait remarquer que ce serait génial d’avoir la clé de la salle d’à côté du réfectoire, là où on fait habituellement les photos de classe, parce que ce serait vachement plus confiné, comme endroit, et que si l’on diffusait des slows, avec les rideaux noirs tirés et des petites lumières d’ambiance, ça le ferait vraiment !
J’ai dit que je trouvais ça vraiment génial, comme idée.
Ce n’est pas que je manque de vocabulaire, mais là, franchement, je ne pouvais pas dire mieux. Gilou venait d’avoir un coup de génie magistral. Faire une boum improvisée, sur place avec tout le monde de dispo, sans que les parents le sache, sans que personne ne nous surveille, ça, c’était vraiment un coup de génie magistral.
— Je peux amener des cassettes ! j’ai fait.
— Tu veux amener quoi ? a demandé Stéphane, sceptique.
— Amène ! Amène seulement ! Amenez tous de la musique ! On triera après ! s’est exclamé Armand.
Marina a dit qu’elle s’occupait personnellement des lumières.
Sophie, elle a dit que puisque personne ne voulait danser avec elle, elle s’occuperait de tirer les rideaux.
Mince. On l’avait oubliée, Sophie !
— C’est pas parce que Claudius est un infâme personnage qui ne veut pas danser avec toi que tout le monde est comme lui… s’est précipité Gilou.
Lorsqu’il y a une brèche affective, il faut qu’il s’y engouffre aussitôt, Gilou.
Il est comme ça.
Ça fait quatre ans qu’il attend de pouvoir serrer une fille, alors en cette fin d’année de troisième, il ne tient plus. Il faut le comprendre.
— T’as qu’à danser avec sa cousine, toi ! l’a stoppé Jacky. Vous êtes de la même taille !
— Hein ? Mais de quoi je me mêle, d’abord ? Tu t’es vu, toi ? Tu me dépasses à peine de deux centimètres…
Sophie a lâché un énorme soupir et s’est mise entre les deux pour les séparer.
— Tu vas quand même pas danser avec ce nain de jardin, non ? a continué Jacky.
— Je danserai avec qui je veux ! Vous ne commencez pas à vous battre parce que sinon, c’est tout vu, je ne viens pas !
Sophie, elle a beaucoup de tact. Beaucoup d’arguments aussi, mais quand même beaucoup de tact. Elle a dit qu’elle avait une cassette de Début de Soirée dans son walk-man et que si les garçons savaient se tenir, la Troisième Six du collège allait mettre le feu à la salle d’études.
Un à un, je contemplai les visages de toute la classe. La grève des profs, en plus de la fin d’année, c’était vraiment le début des vraies vacances.
— Et si on invitait aussi des copains des autres classes ? glissa Florent, timidement.
— C’est une très bonne idée ! me suis-je empressé de sous-titrer. Si on invitait des copines des autres classes ?

 

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