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8 décembre 2006 5 08 /12 /décembre /2006 00:23

 

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 
Elle n’a qu’à s’attaquer aux personnes âgées, la grande faucheuse ! Il y en a plein qui ne demandent qu’à mourir, dans les hôpitaux ! Plein qui n’espèrent que ça, qui n’attendent plus que ça pour enfin pouvoir retrouver le sourire, alors pourquoi elle ne s’attaque pas à eux, la grande faucheuse ?
Quoi ? Il faudrait lui mettre des majuscules, en plus ?
Il ne manquerait plus que cela, qu’on lui fasse des courbettes et qu’on lui cire les pompes ! Il ne manquerait plus que cela, qu’on lui lustre la faux, qu’on la fasse briller un peu plus dans le noir, qu’on l’aiguise et qu’on lui rende service …
Pour qu’elle en profite pour vous faire un sale coup dans le dos ?
 

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Croyez-moi, ce n’est pas le moment de sympathiser avec la grande faucheuse. Quand on est jeune, ça doit l’attirer comme un défi. Les personnes âgées, qui ne peuvent plus fuir, plus se défendre, plus même se plaindre, ça, c’est trop facile, pas vrai ? Alors on laisse traîner, on les oublie, on les laisse de côté comme un insecte écrasé sur lequel on n’a pas suffisamment appuyé, et on laisse s’épuiser le cœur, la respiration, la joie, la volonté, la tête, la mémoire …
— Saloperie de grande faucheuse !
Aïe. Elle est sournoise, en plus. Elle me rôde autour depuis tout à l’heure, mais, pensez-vous, elle se gardera bien de se montrer au grand jour …

 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 
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7 décembre 2006 4 07 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

 

En Italie, il faut dire que les amoureux sont moins bêtes : quand ils disent « j’aime Marina », ce n’est pas le même verbe que lorsqu’ils disent « j’aime la soupe » ! Du coup, peut-être que l’estomac, l’appendice, bref, tout ce qui n’existe que pour voir transiter de la nourriture, ne se met pas à se rebeller quand vous ne mangez rien le soir, sous prétexte que vous n’avez pas le cœur à avaler quoi que ce soit ?
Ils ont raison, les italiens. Je ne vois pas comment l’on peut aimer quelqu’un, avec le même verbe que celui que l’on emploie pour aimer la soupe, moi !
 
Mais voilà que mes crampes recommencent. Aïe, aïe, aïe ! Je vais donc mourir dans d’atroces souffrances sans avoir pu savourer une dernière fois la douceur de tes lèvres, le souffle de ta sensualité, la légèreté de tes cheveux et l’immensité de tes regards étoilés ?
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(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)
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6 décembre 2006 3 06 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]

 

Quoi ?! Bon sang ! Faut-il que je sois fou, pour t’écrire des choses pareilles ? « Je ne vais pas t’écrire que je t’aime plus qu’hier et moins que demain, parce que je n’aime pas me répéter. Alors, je te dis simplement : n’oublie pas que tu es la femme de ma vie. »

 

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Qu’est-ce qui a bien pu me passer par la tête au moment où j’ai écrit ça ? Je sais bien que tu m’avais écrit toi-même, sur mon carnet d’adresses, à la fin de mon cahier de textes, « n’oublie pas que tu es l’homme de ma vie », mais tout de même ! Toi, tu avais l’avantage de m’avoir sous les yeux, de pouvoir guetter mes réactions les plus secrètes, de pouvoir rectifier le tir au cas où … Mais moi ? Moi, face à la page blanche, je n’aurais pas pu trouver mieux à dire ? Plus discret ? Plus subtil ?
Rappelle-toi, je t’en prie ! Fais un effort ! Cette phrase, je te l’ai déjà dite, une fois, droit dans les yeux, en dissimulant tant bien que mal l’embarras derrière le sourire de l’audace ! Mon Dieu, faites qu’elle se souvienne de ce sourire, de cette audace, qu’elle fasse d’emblée le rapprochement, et qu’elle ne me prenne pas au pied de la lettre, par pitié !
 
D’un autre côté, si elle ne me prend pas au pied de la lettre, à quoi elle servira, cette lettre ?
 

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

 
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5 décembre 2006 2 05 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

Chap_23_E3.jpg

 

 

Rhâââââ ! Il ne faut pas que je cède à la panique ! Je suis juste en train de psychoter. Ce sont des choses qui arrivent, ça, le fait de psychoter. Ce n’est pas grave : ça va passer. C’est évident, que l’adresse était bonne. Comment aurais-je pu ne pas m’en rendre compte, si l’adresse n’avait pas été complète ?
Ce qui est moins sûr, c’est que la lettre ne se soit pas coincée quelque part aux heures de la relève…
Le Papet, de Pagnol, ce n’est pas une histoire comme celle-ci qui lui est arrivée ? Si ! Rappelle-toi ! La Florette lui envoie une lettre pour lui dire qu’elle est enceinte de lui … Lui, il est au service militaire dans le désert, et il ne la reçoit pas, la lettre ! Quand il rentre, la Florette en a épousé un autre, elle a un fils, et même qu’il est bossu parce qu’elle aura tout fait pour le perdre et qu’elle n’y est pas arrivée, et ce con de Papet, il ne va même pas lui parler, à la Florette, et toute sa vie, il ne sait même pas que le Bossu, c’est son fils qu’il n’a jamais eu, et même que Ugolin, c’est pas son fils, il cultive les œillets mais ça remplace pas, et …
C’est une histoire sordide, une lettre qui se perd.

 

 

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]
 

 

Je te l’ai postée hier, cette lettre. Je m’y revois encore, en train de la lâcher de mes doigts hésitants … Je la revois encore, disparaître dans cette fente obscure ! Un moment, j’ai eu le doute qu’un coup de vent ne l’ait emportée, le temps d’un mouvement de paupière inopportun. J’ai mis un œil dans la boîte, mais c’est profond, une boîte postale, aussi profond qu’un cœur qui se sent seul, et il n’y a même pas de lumière pour pouvoir vérifier que tout est bien ok, même pas de petit récépissé pour t’avertir que tu n’as plus de souci à te faire …
 

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Je me demande si je n’aurais pas dû l’envoyer en recommandé, quand même … Une lettre comme celle-là, c’est un vrai bulletin de vote, c’est une vraie déclaration officielle … ça se recommande, des trucs pareils ! Vous rendez-vous compte du drame qui se prépare, si le facteur ne la trouve pas recommandable, cette lettre ?
 

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1 décembre 2006 5 01 /12 /décembre /2006 00:23

 

[Extrait de l'épisode - la version intégrale était disponible jusqu'en début 2011]


Une chose est sûre : je ne suis pas Baudelaire !
Si j’avais eu la tête de Baudelaire, j’aurais au moins su comment la commencer, cette fichue lettre, que j’ai postée au courrier d’hier !
J’aurais sans doute eu plein de belles choses à te dire, plein d’évanescences à saisir au vent, plein de bon air à te faire goûter … J’aurais avancé parmi les lignes avec l’agilité des petits papillons qui t’amènent le printemps, les ailes bien colorées, la chorégraphie bien huilée …
 
Ah ! si seulement j’avais eu la tête de Baudelaire !
 

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Au lieu de ça, que ma grosse patte, en guise de poésie ! Pas d’ailes pour m’envoler l’esprit, et même pas d’alcool pour me bercer l’enchantement : tel le fauve affamé à qui l’on vient de greffer des sabots, j’avance, sans finesse, vers le souffle voluptueux de tes formes alléchantes ! Tel le rustre qui s’en revient des champs, après sa longue journée de travail, je viens chercher ton amour à bras le corps, sans gêne, sans séduction, sans la moindre hésitation …
Cette lettre était nulle.

 

(pour accéder à la version intégrale, corrigée et définitive du texte, lisez Vivement l'amour !)

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