Mercredi 20 septembre 2006
[Et je rigolais, je rigolais … A me pisser parmi, car Marina, c’était la fille la plus grosse de toute sa classe !]
Le sang ne se contenta pas de lui monter à la tête, à Jules ! Il perdit tout à coup toute espèce de calme authentique : il me tira un coup de poing terrible, tout droit dans l’estomac, qui m’allongea au sol aussi sec, le souffle coupé net.
Il me regarda suffoquer comme un mort en train de crever pendant une bonne dizaine de secondes, et sa tête reprit une coloration normale.
Ce con m’avait fait mal. Ce n’était plus mon ami.
Je me relevai, la main gauche encore sur l’estomac, et lui rendis la pareille.
Malheureusement, sans doute en espérant pouvoir imiter X-Or alors qu’il n’avait même pas sa combinaison de combat, Jules se prit le terrible coup en question dans les parties génitales.
Il se tortilla de douleur deux bonnes grosses minutes, et nous ne nous adressâmes plus la parole pendant une semaine complète.
Jules me fixe désormais dans les yeux comme un vieux rancunier qui a passé l’éponge :
— Tu te ne souviens pas ?
Je souris.
— Si, si …
Marina a pris la plus belle revanche sur la vie qui puisse exister. Tout le monde se moquait de ses atroces rondeurs, et voilà que le même tout le monde se sent désormais prêt à tout pour en caresser les pourtours.
— Myriam aussi, c’est la plus intelligente et la plus belle de toute ma classe, souligne Jules.
— C’est normal : ça veut dire qu’on a bon goût ! …
— Oui, mais peut-être que l’on voit un peu trop haut pour nous ?
Cette supposition ne me raviva pas franchement l’enthousiasme :
— Attends ! J’ai un rendez-vous avec elle ! Je ne me fais pas un film, bon sang ! J’ai rendez-vous avec Marina ce soir, je te dis ! Elle a accepté ! Pourquoi aurait-elle accepté si elle ne veut pas sortir avec moi ?
Il demeura méfiant.
— Moi aussi, Myriam, je croyais qu’elle voulait sortir avec moi ! Mais en fin de compte, je me suis complètement planté !
— Tu es mal tombé … éludai-je.
— Je me suis ramassé les dents, tu veux dire !
— Attends ! Je ne vais tout de même pas refuser de voir la nana la plus extraordinaire que j’ai connue jusqu’à maintenant, sous prétexte que mon pote s’est pris un vent, non ?
Jules avait opté pour une déclaration originale : un petit mot doux glissé dans la trousse de Myriam le samedi à midi, juste avant qu’elle ne prenne son car et ne disparaisse pour tout un week-end.
— Je n’ai jamais dit ça …

Non, il n’a pas dit ça, mais il ne dit rien ! Ce n’est pas mieux ! Je veux des conseils, de veux une solution, je veux un coach qui m’aide à affronter ce moment décisif de ma vie, et lui, il ressasse ses vieux souvenirs !
— Alors ? je lui demande, à cours de patience. Je fais comment, ce soir ? Je lui dis quoi ?
Fafiots